Pour investir comme un pro, recourrez aux bons outils de gestion

Il existe plus de fonds que de sociétés cotées. C’est donc face à une véritable jungle que se retrouve le particulier qui souhaite gérer lui-même son patrimoine financier via des fonds communs de placement, des Sicav et autres unités de compte en assurance vie, certains contrats proposant une palette de plusieurs centaines de supports. Or, dans un contexte de taux d’intérêt négatifs, les épargnants vont de plus en plus être amenés à s’y intéresser, car le fonds en euros, qui a servi de véritable couteau suisse patrimonial pendant des décennies, offrant tout à la fois garantie du capital, liquidité et rendement, est aujourd’hui bien affaibli.

A LIRE >>>Taux bas: Christine Lagarde, la nouvelle patronne de la BCE, préfère « l’emploi » à « une épargne protégée »

Pour se diversifier, l’univers des fonds propose une panoplie de solutions qui répondent aux besoins des investisseurs les plus prudents comme les plus sophistiqués. Mais gérer soi-même son patrimoine financier suppose d’y consacrer un minimum de temps et de se doter des bons outils. En voici quelques-uns, gratuits pour la plupart, qui peuvent vous rendre de réels services.

Pour suivre l’actualité financière

Tout d’abord, un épargnant averti doit s’intéresser régulièrement à l’actualité économique et financière, via la presse patrimoniale, bien sûr, comme Mieux Vivre Votre Argent, son site Internet et sa publication hebdomadaire, La Lettre de la Bourseou en consultant des sites spécialisés tels que Boursorama, BFM Business, Boursier.com, Yahoo Finance ou Zonebourse. Ces sources permettent de suivre l’actualité et son impact sur le cours des actifs en allant au-delà des gros titres parfois spectaculaires de la presse généraliste : de quoi relativiser, par exemple, l’envolée « historique » du pétrole après les attaques de septembre dernier sur des raffineries saoudiennes, en fait vite retombée. Pour les anglophones, la plate-forme MarketWatch offre un panorama assez complet des marchés américains, un complément utile aux sites français.

A LIRE >>> Les fonds thématiques, la meilleure façon de verdir son épargne ?

Pour aller plus loin dans la compréhension des enjeux macroéconomiques, les sites Internet d’institutions financières, comme le FMI (Fonds monétaire international) et l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), publient régulièrement des prévisions économiques mondiales qui font référence auprès des professionnels. Certains acteurs financiers, comme des banques ou des sociétés de gestion, diffusent également des études intéressantes. Citons par exemple celles, accessibles en ligne, du Crédit Agricole, du Groupe BPCE ou encore de Pictet AM, société de gestion focalisée sur les investissements thématiques.

Pour bien comprendre certains marchés, il ne faut pas hésiter à creuser plus loin en consultant les sites de fournisseurs d’indices boursiers. MSCI publie de nombreuses données financières sur ses fameux benchmarks. Par exemple, la fiche synthétique de l’indice MSCI Russia rend palpable le marché russe : on y découvre sa valorisation très faible (moins de six fois les bénéfices) et sa forte focalisation sur le secteur de l’énergie.

Pour sélectionner vos fonds

Avant d’investir dans un fonds, renseignez-vous sur sa société de gestion et consultez la documentation commerciale et réglementaire disponible. Le document d’information clé pour l’investisseur (Dici) présente de manière synthétique le produit, son objectif de gestion, son niveau de risque mesuré sur une échelle de 1 à 7, ses performances passées et le montant des frais. Les rapports mensuels de gestion apportent des données complémentaires utiles pour comprendre le support et son fonctionnement.

Mais pour obtenir des renseignements plus neutres et comparer le produit d’une maison avec ses concurrents, certaines plates-formes, appuyées sur d’importantes bases de données, comme Morningstar, Quantalys ou OPCVM360vous seront d’une aide précieuse. Attention, ces outils étant avant tout développés au service de professionnels, ils référencent plusieurs typologies de parts pour chaque placement, dont certaines sont inaccessibles aux particuliers. Pour éviter toute confusion, mieux vaut rechercher un produit au moyen de son code Isin.

A LIRE >>> L’Europe, eldorado à conquérir pour les professionnels du cannabis

Il faut aussi faire le tri car ces acteurs mettent à disposition des investisseurs de multiples informations. Regardez en priorité celles qui évaluent la performance d’un fonds. Celle-ci est décryptée sous toutes les coutures : sur différents horizons de temps, en comparaison avec des produits de la même catégorie, avec l’indice de référence… Cela permet de mieux distinguer la part de la performance liée à l’évolution du marché de celle attribuable au gérant. Vous y trouverez aussi des indicateurs pas forcément disponibles dans la documentation des fonds, comme la volatilité, qui mesure l’ampleur des variations d’un cours. A résultats similaires, mieux vaut choisir un support moins volatil : cela indique que sa performance se construit de manière plus régulière.

Sur tous ces sites Internet, vous glanerez aussi des précisions sur la composition des portefeuilles, c’est-à-dire leur allocation entre les types d’actifs, les secteurs d’activité ou encore les zones géographiques d’investissement, voire les typologies de valeurs (petites ou grandes capitalisations). Vous pourrez aussi vous faire une idée de la valorisation d’un fonds grâce à des indicateurs, comme le ratio cours sur bénéfices moyen.

Ces diverses plates-formes proposent également des systèmes de notation avec des approches différentes. Il est donc intéressant de comparer leurs notes pour un même fonds donné. Quantalys se distingue par la richesse des ratios fournis, afin d’évaluer la performance d’un gérant. Même les investisseurs dont l’expertise ne va pas jusqu’à maîtriser les subtilités du ratio de Sharpe (indicateur mesurant l’écart de rentabilité d’un portefeuille par rapport à un placement sans risque, rapporté à la volatilité), de Sortino (variante du ratio de Sharpe ne prenant en compte la volatilité que lorsque les marchés baissent) ou de Calmar (écart de rentabilité rapporté à la perte maximale sur une période donnée) peuvent percevoir facilement, grâce à un indicateur visuel, si le gérant a été performant ou non selon sa catégorie ou en fonction du cycle des marchés.

Autre marqueur intéressant disponible : la perte maximale, complément très utile à la volatilité pour apprécier le niveau de risque d’un fonds puisqu’il indique sur une période donnée la pire perte que pouvait subir un investisseur en achetant au plus haut et en vendant au plus bas.

Vous trouverez aussi sur ces sites des classements et des outils de sélection de fonds via de nombreux critères (type d’investissement, zone géographique, performance, notation). Pour aller plus loin, ces plates-formes proposent des instruments personnalisables. Si Quantalys facture ce type de service, Morningstar et OPCVM360 permettent de créer gratuitement un portefeuille virtuel afin de tester au fil des phases de marché le comportement de l’allocation que vous avez composée. Vous pourrez vérifier si elle est plutôt résistante en période de baisse, si elle profite surtout des hausses et, in fine, si elle correspond à votre appétit pour le risque.

Enfin, Quantalys et OPCVM360 disposent d’outils permettant de vérifier l’accessibilité des fonds dans les différents contrats d’assurance vie commercialisés en France. Une information pas toujours facile à trouver.

Pour gérer votre patrimoine

Vous êtes au fait de l’actualité financière, vous avez sélectionné vos Sicav, il ne vous reste plus qu’à assurer le bon suivi de votre patrimoine. Or c’est là que l’exercice se corse. Avec la révolution numérique, les intermédiaires financiers se sont multipliés et la multibancarisation devient de plus en plus fréquente chez les épargnants. Si des agrégateurs de comptes (comme Bankin’ ou Linxo) sont apparus pour vous aider à gérer votre budget, d’autres acteurs ont émergé ces dernières années pour vous guider dans le choix de vos placements financiers et la préparation de vos projets (achat immobilier, complément de revenus à la retraite). Seul bémol : toutes les plates-formes liées à la gestion de patrimoine sont récentes – la doyenne, LaFinBox, fête seulement ses quatre ans – , elles sont donc encore largement perfectibles. Mais au moins offrent-elles une vision synthétique et globale de vos avoirs financiers, en se fondant sur des outils d’agrégation de comptes bancaires, de contrats d’assurance vie, etc.

Ces services sont affiliés à des distributeurs de produits financiers : un gage de sérieux, mais pas de neutralité absolue. Ils peuvent être entièrement gratuits –  (LaFinBox, Wishizz) – ou proposer une option payante pour accéder à un véritable conseiller financier (Grisbee, WeSave Conseil). Wishizz met en avant le côté « coach » avec son « Génie » chargé de définir votre programme d’épargne comme s’il s’agissait d’un entraînement sportif et son outil qui permet de vérifier le degré de réalisation des objectifs patrimoniaux définis.

A LIRE >>> Voici à quoi ressemblent les nouveaux plan d’épargne retraite (PER) qui sortent sur les étals

Grisbee se distingue, quant à lui, par une interface simple et lisible, ainsi que la possibilité d’ajouter une foule d’éléments patrimoniaux, même si, dans certains cas, leur mise à jour vous incombera. De fait, il n’y a pas toujours de suivi automatique des valeurs, notamment pour vos placements dans le crowdlending (prêts aux PME) ou les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier). Pour ce qui est de la souscription de produits en ligne, Grisbee est l’outil le plus avancé, avec un accès dématérialisé à une gamme de SCPI. Wishizz, pour sa part, devrait proposer à terme l’offre du courtier Sicavonline. WeSave Conseil s’adresse plutôt aux investisseurs experts avec des outils d’analyse plus poussés sur la composition des portefeuilles et la répartition des risques. On y visualise aussi facilement les frais, ce qui n’est pas étranger au fait que le contrat d’assurance vie proposé, WeSave Patrimoine, met en avant les allocations « low cost » construites avec des ETF, des fonds qui répliquent la performance d’un indice. LaFinBox apparaît moins tournée vers les particuliers, ayant surtout une stratégie dirigée vers les professionnels de la finance. A chacun de choisir son outil selon son profil et ses besoins.

Audrey Spy

Partager
Publié par
Audrey Spy

Articles récents

Coronavirus : pourquoi faut-il attendre avant de réserver ses vacances d’été ?

Le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, conseille aux ménages d’attendre avant de réserver pour les vacances d’été en raison…

07/04/2020 17:52

Coronavirus: le gouvernement s’engage massivement aux côtés des entreprises

Face à l’épidémie du Coronavirus Covid-19, le gouvernement a mis en place neuf mesures pour soutenir immédiatement les entreprises.

07/04/2020 17:13

Impôt 2020: comment différer celui sur la plus-value?

Les chefs d’entreprises ont la possibilité de bénéficier du régime de l'apport cession, qui leur évite de s’acquitter immédiatement de…

07/04/2020 17:00

Coronavirus : le marché des bureaux tourne également au ralenti

Selon l’indicateur publié par Immostat, le marché des bureaux a reculé de 37% au premier trimestre en Ile-de-France, qui concentre…

07/04/2020 15:50

Confinement: les détenteurs de prêts relais vont devoir compter sur la solidarité des banques

Le fort ralentissement du marché de l’immobilier pourrait devenir problématique pour les détenteur d’un prêt relais. Sur quels recours peuvent-ils…

07/04/2020 14:23

Assurance et télétravail: qui doit couvrir vos équipements?

Que vous soyez indépendants ou télétravailleurs contraints, comment devez-vous assurer ou faire assurer votre matériel?

07/04/2020 12:51