Si seulement toutes les années pouvaient ressembler à 2019 ! L’épargnant n’aurait plus à se tracasser pour savoir où placer son argent. Il lui suffirait de l’investir dans toutes les classes d’actifs à parts égales, sans même se soucier de la notion de risque. Car l’année qui vient de s’écouler a cela d’exceptionnel qu’elle a été faste dans tous les domaines. Sur les marchés d’actions bien sûr. Avec une hausse de près de 23 %, l’indice CAC 40 a fait oublier la déconvenue de 2018 (11 %) et s’est même offert le luxe de surperformer les indices américains, eux aussi en grande forme puisqu’ils ont battu plusieurs records historiques.

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Phénomène assez inhabituel, les obligations, traditionnellement recherchées pour leurs qualités défensives en période de stress, ont accompagné les actions dans leur ascension. Par le jeu de la baisse des taux d’intérêt, leur valeur s’est appréciée dans des proportions rarement atteintes par le passé. Inutile en revanche d’espérer une rémunération sous forme d’intérêts. Elle est devenue nulle, voire négative, dans certains pays comme l’Allemagne. Autre valeur refuge, l’or a brillé de mille feux avec un gain annuel de plus de 13 %. Quant à l’immobilier, il a aussi atteint des sommets grâce aux conditions de crédit très attractives pratiquées par les banques. Finalement, seuls les rendements sans risque de l’assurance vie ont fait pâle figure en passant franchement sous le seuil des 2 %.

Les banques centrales sont toujours à la manœuvre…

Toutefois, que les investisseurs ne s’y trompent pas ! Si toutes les classes d’actifs se sont bien comportées en 2019, c’est parce que les données ont été biaisées par la politique monétaire très accommodante des banques centrales. Avec des taux d’intérêt au plancher et des programmes de rachats d’actifs massifs, la notion de risque a fini par disparaître du radar des marchés. A elles seules, les banques centrales ont fait oublier la plupart des craintes liées à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, au Brexit, ou encore à l’instabilité politique en Italie. Mais cette situation est-elle tenable ?

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Pendant toute l’année 2019, la guerre commerciale aura été un fil conducteur pour les places financières, avec tantôt de bonnes nouvelles, tantôt de mauvaises. Les marchés ont fini par prendre le pari d’un accord imminent, même incomplet. Toutefois, les négociations pourraient se révéler plus complexes que prévu et un retour à la case départ ne peut être exclu. Auquel cas l’économie mondiale aurait du mal à s’en remettre alors que la croissance du PIB chinois va bientôt passer sous le seuil de 6 % pour la première fois depuis 1990 et que l’Allemagne frôle la récession.

Les banques centrales devront donc maintenir une politique monétaire accommodante pour éviter un tel risque. Il s’agirait d’une bonne nouvelle pour les marchés d’actions, et pour l’immobilier (même si les prix approchent de la cote d’alerte dans certaines grandes métropoles comme Paris). En revanche, pour les rendements des fonds en euro de l’assurance vie, la cause semble déjà entendue. Certains assureurs, comme Swiss Life, ont annoncé un sérieux coup de rabot sur les rémunérations servies au titre de l’année écoulée.

La mise en œuvre de politiques économiques axées sur la relance et la fiscalité pourrait constituer un autre catalyseur pour les marchés. Elle permettrait en effet de prolonger le cycle de croissance et de préserver une certaine stabilité sociale.

… mais les résultats des entreprises suivront-ils ?

Sur le plan politique, l’année 2020 sera surtout marquée par l’élection présidentielle américaine qui s’annonce encore plus incertaine depuis que le milliardaire Michael Bloomberg a décidé de briguer l’investiture démocrate pour empêcher Donald Trump d’effectuer un deuxième mandat. Ce dernier conserve pour le moment la préférence des marchés. En Europe, le Brexit connaîtra sans doute de nouveaux rebondissements.

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Enfin, du côté des entreprises, l’impact du ralentissement conjoncturel a été jusqu’à maintenant plutôt bien absorbé, mais le luxe, les spiritueux ou la santé ont mieux résisté que les industries cycliques comme l’automobile ou même les banques. La progression des bénéfices deviendra un paramètre plus crucial encore en 2020 pour justifier des niveaux de valorisation devenus élevés sur les grandes actions. Or les anticipations de croissance des profits du CAC 40 en 2020 (+ 11 %) paraissent déjà très optimistes.

Finalement, aucune tendance claire ne se dessine à l’aube de cette nouvelle année. Le scénario optimiste de 2019 peut très bien se prolonger comme il peut s’interrompre brutalement. D’où l’importance de bien diversifier son patrimoine entre les actifs risqués et ceux qui le sont moins. Mais trouver du rendement nécessitera incontestablement une prise de risque accrue.

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