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Comment l’agence de notation Standard & Poor’s entrevoit l’année 2020

L’agence de notation Standard & Poor's table sur une croissance mondiale moins forte que l'an dernier. Et donc plus saine car plus soutenable. Ce qui devrait conforter le moral des investisseurs institutionnels

Ni récession, ni inflation, ni krach cette année. Pour Standard & Poor’s Global Rating, le millésime 2020 s’annonce solide mais moins dynamique que l’an dernier. L’agence de notation table sur un taux de croissance mondiale de 3,1 % moins élevé en 2020 que l’an dernier et en deçà de celui du FMI ou de l’OCDE, mais plus sain parce que plus soutenable. Selon Sylvain Broyer, le chef économiste de S&P pour la région Europe Moyen-Orient, ce ralentissement touchera autant les Etats-Unis (+ 1,9 % après + 2,3 %), soumis au contrecoup des stimuli fiscaux de la présidence Trump, que la Chine (moins de 6 %), entraînée vers sa transition de l’exportation vers son marché domestique, et l’Europe tiraillée par diverses tensions géopolitiques et populistes.

La croissance française progresse autant que l’an dernier

Quant à la croissance française, elle progresserait autant que l’an dernier : + 1,3 %. Un chiffre que certains jugent modeste mais au-dessus de celui de l’Allemagne ( + 0,5 %) et de la zone euro (+ 1%). Davantage, tous les clignotants brilleraient au vert avec une consommation soutenue et un investissement des entreprises sur la pente ascendante, en France comme à l’étranger.

Avec l’apaisement des relations commerciales sino-américaines, le risque de récession s’éloigne. Cette détente se traduit dans les signaux encore faibles, comme un rebond de l’activité manufacturière, en particulier dans l’automobile allemande, vitale pour les équipementiers français : Valeo (dont la note à été dégradée lundi par l’agence de notation), Faurecia, Plastic Omnium, etc. Idem du côté du cycle crédit, résilient lui aussi, en raison de politiques monétaires toujours aussi accommodantes aussi bien aux Etats-Unis (désormais en période électorale) qu’en Europe. A moins bien sûr qu’une nouvelle crise commerciale entre la Chine et l’Amérique ne déstabilise l’édifice.

La crue de crédits immobiliers longs

Quant à la solvabilité des entreprises, elle reste elle aussi bien orientée. Du côté des banques, malgré la persistance d’un environnement de taux bas, la rentabilité des établissements français oscillerait autour de 7 %, signe, souligne Standard & Poor’s, de très grands progrès dans leur gestion et la maîtrise de leurs risques. L’agence, comme la Banque de France auparavant, pointe toutefois la crue de crédits immobiliers longs ou accordés à des ménages fragiles, et évoque une ‘érosion’ des critères d’octroi de ces financements.

Si les deux prochaines années semblent dessiner une météo macro-économique paisible pour  les marchés financiers, Standard & Poor’s revient à davantage de circonspection au-delà de 2021. Et pointe le mur qui se dressera devant les entreprises cotées européennes. En clair : nombres de financements obligataires levés ces dernières années tomberont à échéances d’ici deux ans. Le montant ne cessera de s’élever à compter de cet horizon, rançon de conditions de marchés très attractives. Si la croissance de l’activité des unes ou des autres sociétés mollissait, ou si les taux de défauts remontaient, les clignotants pourraient pâlir.