Lac d’argent, un fonds « privé » pour renforcer le capital des fleurons français

Le Directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, a donné quelques détails sur le futur fonctionnement du fonds d’investissement Lac d’argent.

Le fonds Lac d'argent doit permettre de protéger les grandes entreprises français contre des rachats hostiles. Crédit: iStock.

Le fonds d’investissement Lac d’argent, qui a pour vocation de stabiliser le capital des grandes entreprises françaises, et qui sera lancé en avril, sera « totalement privé », mais géré par la seule banque publique Bpifrance, a indiqué son Directeur général Nicolas Dufourcq, lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef).

« C’est la première fois que nous avons un fonds totalement privé, puisque Bpifrance sera minoritaire dans Lac d’argent » avec 2 milliards d’euros investis sur les 10 milliards prévus à terme, a déclaré M. Dufourcq.

Lac d’argent doit permettre de renforcer le capital d’entreprises françaises cotées et de les protéger contre des rachats hostiles. La banque publique d’investissement sera seule responsable des placements effectués.

Sa première tranche s’élèvera à 4 milliards, avec un milliard du fonds émirati Mubadala, un milliard apporté par Bpifrance, un milliard venant d’« une quinzaine d’assureurs français » et un milliard de dette.

« Le comité d’investissement de Lac d’argent ne comprendra plus ni l’Etat, ni la Caisse des dépôts, il sera composé des professionnels de la société, c’est à dire mon équipe », a souligné M. Dufourcq, précisant que les pourvoyeurs de capitaux (« limited partners ») ne participeront pas aux décisions du fonds.

Une première opération d’ici à l’été

Bpifrance est déjà présente au capital de 20 grandes entreprises françaises cotées, dont Orange, STMicroelectronics, PSA, Technip, Vallourec, Eutelsat, Constellium ou encore Nexans.

Aujourd’hui, « beaucoup d’entreprises françaises cotées souhaiteraient que Bpifrance rentre à leur capital » en apportant du capital « patient », a expliqué M. Dufourcq.

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« Malheureusement, à cause de Solvency II (directive européenne d’exigence de fonds propres), les groupes d’assurance français sont limités dans leur capacité à mettre des milliards d’euros dans un fonds comme celui-ci. Donc il faut aller chercher les capitaux à l’étranger, auprès des fonds souverains du Golfe, d’Asie (Corée, Japon, Chine), des caisses de retraite canadiennes et des fonds de pension américains », a-t-il détaillé.

Sur les 10 milliards d’euros à lever au total, 6 milliards devraient ainsi provenir de l’étranger. M. Dufourcq a bien évidemment gardé le secret sur les entreprises dans lesquelles investira Lac d’argent, se contentant d’indiquer qu’« il n’était pas du tout exclu que d’ici l’été [il] fasse une première opération significative ».

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