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Coronavirus : le marché du pétrole plonge aux Etats-Unis

Le prix du baril de pétrole WTI, la référence américaine, a connu une séance historique lundi 20 avril. Il s’est traité en territoire négatif pour l’échéance de mai, ce qui signifie que les investisseurs étaient prêts à payer pour se débarrasser de leurs cargaisons. Une situation totalement surréaliste. Avec les sorties de confinement programmées, les choses devraient s’améliorer graduellement.  

Les cours du pétrole ont connu lundi 20 avril une séance sans précédent. Le prix du baril de WTI pour livraison en mai (qui expire ce soir à la clôture) s’est traité en dessous de zéro, pour clôturer à – 37,63 dollars après un plongeon épique. Le baril de WTI n’était jamais descendu en dessous de 10 dollars depuis la création de ce contrat en 1983.

En d’autres termes, les investisseurs sont prêts à payer pour se débarrasser de leur pétrole. Un phénomène inimaginable, même si les prix du baril de pétrole dans certaines zones aux Etats-Unis comme dans le Wyoming, ou au Canada, étaient déjà devenus négatifs il y a quelques semaines. Mais il s’agit de pétrole de faible qualité, difficile à raffiner.

Le marché du pétrole est en surabondance depuis des semaines. D’un côté, la demande s’est littéralement effondrée – de près de 30 millions de barils par jour au mois d’avril – en raison des restrictions de déplacements sur une grande partie de la planète et de la paralysie de nombreuses économies provoquée par la crise du coronavirus.

De l’autre, le marché a été inondé dans un premier temps de pétrole à bas coût après que l’Arabie Saoudite et la Russie se soient lancé dans une guerre des prix pour obtenir un maximum de parts de marché. Les deux pays ont certes mis un terme à leur différend, et un accord a été trouvé au début du mois entre les membres de l’Opep et les autres pays producteurs pour réduire leur production de près de 10 millions de barils par jour, mais c’est loin d’être suffisant pour équilibrer le marché au regard de la chute de la demande.

Vers une saturation des capacités de stockage

En conséquence, les capacités de stockage, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, gonflent rapidement.

Selon l’Agence américaine de l’information sur l’énergie, les stocks de brut aux Etats-Unis ont gonflé depuis la mi-janvier de 75 millions de barils pour atteindre plus de 500 millions de barils. A Cushing dans l’Oklahoma, qui sert de lieu de livraison des contrats à terme de WTI, les réserves ont bondi de 48% depuis la fin du mois de février pour s’élever à 55 millions de barils.

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La situation devrait toutefois s’améliorer dans les jours à venir, le baril pour livraison en juin se traitant autour de la barre des 20 dollars. Le marché restera néanmoins déprimé encore de longs mois.

De son côté, le baril de Brent de la mer du Nord, la référence européenne, affecté lui aussi par la récession mondiale, s’échange autour de 22 dollars.