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Coronavirus : la BCE prête à renforcer son arsenal de mesures exceptionnelles

La Banque centrale européenne qui a maintenu son arsenal de mesures exceptionnelles pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie s’est dite prête à aller encore plus loin. Elle a par ailleurs laissé ses taux directeurs inchangés.

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Crédit : iStock.

Après sa série de mesures exceptionnelles face à la pandémie de coronavirus, la Banque centrale européenne (BCE) a pour l’essentiel maintenu jeudi 30 avril son arsenal et s’est dite « prête » à aller encore plus loin, pendant que les gouvernements de la zone euro peinent à accoucher d’une réponse commune.

Dans l’immédiat, l’institution gardienne de l’euro a confirmé ses mesures prises depuis la mi-mars, soit un renforcement considérable des achats de dette publique et privée sur le marché, pour éviter que les conditions de financement ne se durcissent et n’aggravent l’impact économique de la crise.

L’institut monétaire va dépenser 120 milliards d’euros supplémentaires d’ici décembre au titre de l’assouplissement quantitatif ou « QE », un programme lancé en mars 2015. Elle a, de surcroît, dégainé un bazooka supplémentaire de 750 milliards d’euros avec son programme d’urgence contre la pandémie (PEPP), qui répond à des règles d’achats plus souples, et s’est dite « prête » à en accroître la taille.

La BCE a par ailleurs encore baissé le taux le plus favorable accordé aux banques pour les prochaines vagues de prêts géants annoncées en mars, le descendant de -0,75% à -1%, dans le cas où ces liquidités servent à soutenir des PME fragilisées par la crise.

Maintenir de bonnes conditions de crédit

Enfin, le principal taux d’intérêt a été maintenu à zéro, tandis que les banques se verront appliquer un prélèvement de 0,50% sur une fraction des dépôts qu’elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients.

La BCE a ainsi emboîté le pas de son homologue américaine, qui a maintenu mercredi ses taux d’intérêt autour de 0% tout en se disant prête à utiliser « toute la palette d’outils » à sa disposition pour atténuer l’impact économique de la crise sanitaire.

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La palette des instruments de la BCE va servir à maintenir de bonnes conditions de crédit dans l’économie et continuer à stabiliser les marchés des dettes publiques et privées. Ces derniers sont soumis à des tensions sur les emprunts émis par des pays aux finances fragiles, comme l’Italie.

Plus largement, les aides publiques déployées pour éviter une vague de faillites, donc de licenciements, devraient créer une montagne de nouvelle dette souveraine estimée à 1.000 milliards d’euros rien que pour l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, que la BCE a la capacité à absorber à son bilan.