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Coronavirus: la SNCF perd 2 milliards et veut supprimer des postes

Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, estime à deux milliards le manque à gagner lié à la crise du coronavirus et envisage des suppressions de postes. Si l'État se dit ouvert à l’idée de soutenir la compagnie dont il est actionnaire, il n’agira pas tout de suite.

Après la grève contre la réforme des retraites de l’hiver dernier, l’épidémie de coronavirus malmène les comptes de la compagnie de transport ferroviaire. « On est à peu près à deux milliards d’euros de chiffre d’affaires qui nous manquent », a chiffré le PDG de la SNCF, samedi sur France Inter. N’hésitant pas à parler d’un « choc violent », il n’exclut pas de devoir réduire les effectifs et demande le soutien de l’État.

« Nous allons réduire les investissements, serrer les coûts de fonctionnement, jouer sur le fonds de roulement. Le management va prendre les décisions normales de gestion de crise. Je crains que notre endettement soit trop important. Dans ce cas, il n’est pas anormal de se tourner vers son actionnaire, le nôtre, c’est l’État, pour restaurer la balance de notre entreprise. Il n’est pas anormal de réfléchir à un plan d’aide pour la SNCF », a précisé Jean-Pierre Farandou.

Une discussion prématurée

Il ajoute que « si la reprise est lente et que nous produisons moins de trains que par le passé, il ne sera pas anormal ou illogique d’ajuster le niveau d’emploi au volume d’activité. Il est encore trop tôt pour calibrer les chiffres, mais la thématique est sur la table et nous l’examinerons le moment venu en toute transparence avec les organisations syndicales »

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Un avis partagé par le gouvernement, qui a fait savoir dès le lendemain qu’il était ouvert à l’idée de soutenir la SNCF. Il juge toutefois prématuré d’en discuter dès maintenant. « Tant que nous n’avons pas une vision extrêmement précise du coût qu’aura porté le coronavirus sur la SNCF, d’ailleurs tant que nous ne connaissons pas non plus la dynamique de reprise, notamment de l’offre TGV, nous n’avons pas une vision suffisamment précise pour rentrer dans ce type de discussion avec la SNCF », a confirmé Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d’État aux Transports, sur franceinfo.

Des propos confirmés, lundi 4 mai sur BFMTV, par Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. Celui-ci a d’ailleurs souligné que le gouvernement était déjà aux côtés de la compagnie, en prenant en charge le chômage partiel de ses salariés.