Se connecter S’abonner

Le Président de la Fed demande de nouvelles mesures budgétaires pour soutenir l’économie

Le Président de la Fed estime que l’économie américaine est en mesure de se redresser, mais que la reprise sera plus lente que prévu. Il appelle les élus à un soutien budgétaire supplémentaire pour soutenir l’économie contre les problèmes à plus long terme soulevés par la paralysie de l’activité.

Wall Street

Le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a appelé les élus à tout faire, même si cela s’avère coûteux, pour éviter une longue récession dont les effets délétères frapperaient une fois encore les populations les plus fragiles.

« Un soutien budgétaire supplémentaire pourrait être coûteux, mais il en vaut la peine s’il permet d’éviter des dommages économiques à long terme, et nous permet d’avoir une reprise plus forte », a estimé Jerome Powell lors d’un échange virtuel avec le Peterson Institute, un centre de réflexion de Washington.

« Le ralentissement actuel est unique en ce qu’il est attribuable au virus et aux mesures prises pour limiter ses retombées », a souligné le patron de la puissante institution financière.

A ce jour, le Congrès a fourni quelque 2.900 milliards de dollars de soutien budgétaire aux ménages, aux entreprises, aux prestataires de soins de santé ainsi qu’aux Etats et collectivités locales, « soit environ 14% du produit intérieur brut », a-t-il rappelé.

Dans la mesure où la « reprise pourrait prendre un certain temps avant de s’accélérer », il estime que des aides supplémentaires seront probablement nécessaires pour combattre l’impact du coronavirus.

Pour l’heure, « l’ampleur et la vitesse de cette récession sont sans précédent » dans l’histoire moderne, « bien pire qu’aucune autre depuis la Seconde Guerre mondiale », a-t-il commenté.

Les gains en matière d’emplois accumulés lors de la dernière décennie ont déjà été effacés, a-t-il souligné en particulier.

Les plus pauvres les plus touchés

Jerome Powell a en outre fait état d’une enquête de la Fed qui sera publiée jeudi montrant que ce sont les ménages à plus faibles revenus qui souffrent le plus : parmi les personnes qui avaient un emploi en février, « près de 40% de ceux des ménages gagnant moins de 40.000 dollars par an ont perdu leur emploi en mars ».

La vie de tous ces gens a basculé d’un seul coup et l’incertitude quant à leur avenir est grande, a-t-il souligné.

De son côté, la Banque centrale américaine a pris toute une série de mesures pour soutenir l’économie, les ménages ainsi que les entreprises : baisse des taux quasiment à zéro, assouplissement en urgence des réglementations pour permettre aux banques de prêter, injection de liquidités dans le système financier.

Une reprise lente et difficile

Interrogé sur la possibilité de taux négatifs, Jerome Powell a écarté cette idée, relevant que les études sur l’efficacité d’une telle mesure étaient « partagées ».

Il a en revanche martelé que la Fed continuerait « à utiliser (ses) outils au maximum jusqu’à ce que la crise soit passée et que la reprise économique soit bien engagée ».

Pour l’heure, il estime que les mesures déployées sont les bonnes.

Cependant, il a averti que la Fed ne « dispos(ait) que de pouvoirs de prêt, pas de pouvoirs de dépenser », laissant entendre une fois de plus que le Congrès ne devrait pas hésiter à trouver davantage de moyens pour soutenir l’économie contre les problèmes à plus long terme soulevés par la paralysie de l’économie.

A LIRE>>> Coronavirus : la dette des Etats reste un actif sûr pour les marchés

« Le coronavirus a laissé sur son passage un bilan humain et économique dévastateur », a-t-il également dit.

L’économie américaine devrait néanmoins se remettre « en grande partie » une fois la pandémie passée.

Mais, a-t-il admis, « on a de plus en plus l’impression que la reprise sera plus lente que nous ne le souhaitons », répétant que les élus ne devaient pas regarder en ce moment à la dépense.

Se tournant vers l’avenir, Jerome Powell a consenti qu’il faudra revenir à des politiques budgétaires plus sages, « quand l’économie sera totalement rétablie ou du moins bien remise ».