Bourse: la place parisienne opte pour la prudence face à l’inconnue du déconfinement

L’indice phare de la place parisienne a connu une semaine noire, avec une baisse hebdomadaire de près de 6%. Les investisseurs se montrent prudents alors que les mesures de déconfinement se mettent en place un peu partout dans le monde avec le risque d’apparition d’une deuxième vague. Un retour vers les plus bas de la mi-mars ne constitue pas néanmoins le scénario privilégié.

Le CAC 40 a cédé près de 6% sur la semaine pour revenir à 4.277,63 points. Crédit: iStock.

Alors que les mesures de déconfinement se multiplient un peu partout dans le monde, les marchés font preuve d’une extrême prudence. Le CAC 40 a ainsi cédé près de 6% sur la semaine pour revenir à 4.277,63 points, soit dans la partie basse de la fourchette comprise entre 4.200 et 4.600 points dans laquelle il évolue depuis le 26 mars.

Cette consolidation est naturelle dans la mesure où le marché a enregistré à partir de la mi-mars le plus fort rebond depuis 50 ans dans un marché baissier (+ 21% en l’espace de 10 jours).

L’enjeu du déconfinement est lourd de conséquences. Les marchés ont désormais bien intégré que la crise économique serait profonde, et qu’un retour à la normale prendrait du temps. Les perspectives bénéficiaires des entreprises ont été revues drastiquement à la baisse, de l’ordre de 35 à 40%. Une deuxième vague qui se traduirait par un nouveau confinement mettrait à mal toutes ces prévisions. Et entrainerait le CAC 40 de nouveau vers les plus bas.

Ce scénario n’est pas le plus prévisible, – les autorités sanitaires ont fait des progrès notables depuis deux mois dans la gestion de l’épidémie et le traitement des malades -, mais la prudence s’impose.

Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis au plus haut

Les nouvelles tensions entre les deux premières puissances mondiales, la Chine et les Etats-Unis, ne sont pas non plus de nature à rassurer les marchés. Donald Trump poursuit ses critiques et ses menaces à l’encontre de l’Empire du Milieu. Il ne souhaite plus parler à son homologue chinois Xi Jinping, et se dit prêt à prendre des mesures de rétorsion en raison de leur gestion de la crise sanitaire et en cas de non-respect de l’accord commercial de phase 1.

Bien qu’habitués aux prises de position à l’emporte-pièce du président américain, rarement suivies de faits, les marchés ne savent pas néanmoins sur quel pied danser. Les Etats-Unis vont rentrer en période électorale, et la Chine fait un excellent bouc émissaire pour Donal Trump pour tenter de dissimuler sa gestion catastrophique de la pandémie.

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Deux chiffres macro-économiques ont attiré l’attention des investisseurs en fin de semaine. Les ventes au détail en Chine ont chuté de 7,5% au mois d’avril, preuve s’il en est que le retour des consommateurs dans les magasins se fait à pas compté. Il devrait en être de même dans les pays européens qui déconfinent.

De l’autre côté de l’Atlantique, la confiance des consommateurs, à la surprise générale, s’est légèrement améliorée début mai, les ménages ayant reçu les chèques d’aide du gouvernement. C’est peut-être un signe que la consommation, le moteur traditionnel de la croissance aux Etats-Unis, a atteint un point bas.

Seule certitude, la nervosité ne va pas quitter les marchés, et il faut s’attendre encore à des séances extrêmement volatiles.

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