Un mois après l’épisode surréaliste des prix négatifs, le calme est revenu sur les marchés pétroliers

L’arrivée à échéance aujourd’hui du contrat future sur le WTI (le pétrole de référence américain) pour livraison en juin ne devrait pas donner lieu à un nouveau scénario incroyable, avec des prix négatifs. L’optimisme est revenu sur les marchés pétroliers, les cours du brut se traitant au-dessus des30 dollars des deux côtés de l’Atlantique. Le rééquilibrage du marché prendra néanmoins plusieurs semaines.

Avec la levée des mesures de confinement un peu partout dans le monde, la consommation d’essence repart progressivement. Crédit: iStock.

Le marché pétrolier américain ne devrait pas connaître un scénario aussi incroyable que celui du mois dernier alors que le contrat future de juin sur le WTI arrive à échéance aujourd’hui. L’arrivée à terme du contrat pour livraison en mai, le 20 avril dernier, avait conduit à un cours du pétrole WTI négatif. Les investisseurs avaient paniqué en raison des contraintes pesant sur le stockage du brut et avaient alors préféré payer pour se débarrasser de leurs cargaisons.

Depuis cet épisode rocambolesque et surréaliste, le calme est revenu sur les marchés bien que le déséquilibre entre la demande et l’offre perdure. Le prix du baril de WTI, la référence aux Etats-Unis, a rebondi pour s’établir autour de 32 dollars, tandis que celui du baril de Brent, qui avait beaucoup moins baissé, s’élève à 35 dollars.

Ce regain d’optimisme sur les marchés s’explique, d’une part, par les réductions de la production mises en place par l’Opep et ses partenaires, et d’autre part, par la perspective d’une reprise de la demande avec la réouverture progressive de plusieurs pays.

Un rééquilibrage du marché graduel

Avec la levée des mesures de confinement un peu partout dans le monde, la consommation d’essence repart progressivement, les gens prenant de nouveau leurs voitures. La demande en Chine, par exemple, le premier importateur de pétrole au monde, revient peu à peu vers ses niveaux d’avant-crise.

Du côté de l’offre, les réductions de la production décidées par l’Opep et ses principaux partenaires sont effectives depuis le 1er mai, et depuis, l’Arabie saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis ont même annoncé vouloir abaisser encore davantage leur production de brut du fait de capacités de stockage proches de la saturation.

La production des Etats-Unis, premier producteur mondial, s’inscrit également en net repli en raison des difficultés rencontrées par de nombreux producteurs de pétrole de schiste qui, pour un certain nombre d’entre eux, n’échapperont pas à la faillite.

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Ces premiers signes de rééquilibrage graduel du marché pétrolier restent néanmoins fragiles, et il faudra attendre encore plusieurs semaines avant de retrouver un marché à l’équilibre.

Les prix n’en demeureront pas moins encore sous pression. Les pays producteurs, étranglés sur le plan budgétaire, auront du mal à contenir longtemps leur production et n’hésiteront pas rouvrir les robinets dès qu’ils le pourront.

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