La Bourse de Paris, toujours sans réelle direction et dans l’expectative

Le CAC 40, qui oscille depuis son rebond de la mi-mars entre 4.200 et 4.600 points, a gagné 4,10% sur la semaine. Mais les tensions accrues entre la Chine et les Etats-Unis, qui se sont focalisées cette fois-ci sur Hong-Kong, ajoutent une dose de risque supplémentaire.

La Bourse de Paris opte toujours pour la prudence dans l'attente de voir comment évoluent l'épidémie et l'économie. Crédit: iStock.

La Bourse de Paris a résisté tant bien que mal aujourd’hui (- 0,02%) aux menaces liées à Hong Kong. L’indice CAC 40 a clôturé à 4.444,56 points, dans un faible volume d’échanges de 2,9 milliards d’euros.

Depuis le 1er janvier, le marché parisien a perdu 25,65%, mais il affiche cependant une hausse de 4,10% sur la semaine.

« Le risque s’est déplacé du Covid-19 à la détérioration des relations sino-américaines avec une loi très controversée sur la sécurité annoncée par Pékin », explique Stephen Innes, stratégiste chez AxiCorp.

« Avec les jours fériés en Europe et la fermeture des marchés américain et britannique lundi, les volumes sont allégés », et les investisseurs n’ont « pas la volonté d’ajouter du risque avant mardi », ajoute-t-il.

La Chine a décidé d’imposer à Hong Kong une loi sur la « sécurité nationale » visant à interdire « la trahison, la sécession, la sédition (et) la subversion ».

Les Etats-Unis ont condamné cette initiative, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo exhortant Pékin « à reconsidérer sa proposition désastreuse, tenir ses engagements internationaux et respecter le degré élevé d’autonomie de Hong Kong, ses institutions démocratiques et ses libertés civiques ».

D’un risque à un autre

Alors que la Chine présente ce projet de loi comme indispensable à la stabilité de ce centre financier international, la Bourse de Hong Kong a clôturé vendredi en baisse de plus de 5%. 

Cette proposition de loi vise, selon des militants pro-démocratie, à écraser tout mouvement dissident à Hong Kong, secouée l’an dernier par sept mois de manifestations de grande ampleur en faveur de la démocratie.

Elle « a fait de l’ombre à l’Assemblée nationale populaire de Chine, qui devait être consacrée aux objectifs de croissance et aux mesures de relance », note M. Innes.

En effet, pour la première fois dans son histoire récente, Pékin a renoncé à fixer un objectif de croissance pour l’année en cours, faute de pouvoir chiffrer l’impact de la pandémie.

Au lieu de cela, la Chine a fait l’éloge de sa stratégie dans la gestion du Covid-19 lors de la session plénière de l’Assemblée nationale populaire (ANP), grand-messe annuelle du pouvoir communiste.

A LIRE>>> Danone veut devenir la première « entreprise à mission » cotée en Bourse

Ces appréhensions s’ajoutent à celle toujours prégnantes d’une nouvelle flambée des contaminations au fur et à mesure que les économies se déconfinent.

Le nouveau coronavirus, qui a touché plus de 5 millions de personnes et fait plus de 332.800 morts, continue de galoper au Brésil et en Russie.

« Le brouillard n’est pas levé sur l’évolution de l’épidémie, de l’économie et de la politique ou géopolitique », résume pour sa part Hubert Tassin chez Gaspal Gestion.

Sur le même thème

bourse marchés financiers

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique