Bernard Arnault au secours de la holding d’Arnaud Lagardère

La société holding de Bernard Arnault, actionnaire majoritaire du groupe de luxe LVMH, va se porter au secours de la holding personnelle très endettée d’Arnaud Lagardère, dont il va prendre « environ un quart » du capital de façon à « renforcer » sa solidité financière.

« Les familles Arnault et Lagardère sont convenues de se rapprocher au sein de Lagardère Capital & Management (LC&M) », la société holding d’Arnaud Lagardère, ont indiqué les deux parties dans un communiqué, sans préciser les détails financiers de l’opération.

« A l’issue d’une augmentation de capital et de l’achat de titres, le Groupe Arnault (holding de Bernard Arnault) détiendra une participation d’environ un quart du capital de LC&M », ont-ils ajouté.

LC&M regroupera alors la société Arjil Commanditée-Arco, gérant commandité du groupe Lagardère SCA, ainsi que l’actuelle participation de 7,26 % d’Arnaud Lagardère dans le groupe d’édition, de distribution et de médias qui porte son nom.

Le statut atypique du groupe en commandite par actions (SCA), permet à Arnaud Lagardère (associé-commandité) de conserver le contrôle du groupe Lagardère avec seulement quelque 7% des parts.

« Ce rapprochement va permettre de renforcer la structure et les capacités financières de LC&M. Les groupes familiaux de MM. Bernard Arnault et Arnaud Lagardère agiront de concert vis-à-vis de Lagardère SCA », précise le communiqué.

Les comptes de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère font l’objet de spéculations diverses depuis l’arrêt de leur publication en 2009. Le fonds d’investissement Amber Capital, aujourd’hui premier actionnaire du groupe Lagardère avec 18% du capital, avait obtenu en octobre du tribunal de commerce de Paris leur publication.

Il souhaitait notamment vérifier son niveau d’endettement, alors qu’un associé commandité est responsable indéfiniment des dettes de l’entreprise sur ses biens propres : or, la participation d’Arnaud Lagardère dans le groupe sert de garantie pour le remboursement des dettes contractées par sa holding. Amber s’interrogeait par ailleurs sur l’utilisation et la destination des fonds versés par Lagardère à LC&M.

Un nouveau soutien de poids

Arnaud Lagardère n’avait pas obtempéré, mais le groupe Lagardère avait indiqué mi-janvier à l’AFP, confirmant des informations du Point, que LC&M était endetté à hauteur de 164 millions d’euros en 2019, – soit une dette inférieure de 22 millions d’euros à la valeur des actions d’Arnaud Lagardère dans le groupe à la même date et divisée par près de trois depuis 2008.

Fondé par Jean-Luc Lagardère, le père d’Arnaud, le groupe est aujourd’hui recentré sur l’édition (Hachette) et la distribution (Relay), et reste la maison mère d’Europe 1 et de Paris Match.

Arnaud Lagardère a récemment remporté en assemblée générale le bras de fer qui l’opposait à Amber Capital, qui souhaitait renouveler la quasi-totalité du conseil de surveillance puis écarter son gérant.

Pour déjouer ce projet, M. Lagardère a obtenu l’appui du fonds souverain du Qatar, troisième actionnaire avec environ 13% du capital mais 20% des droits de vote. Et surtout, il s’est entouré de poids-lourds de la Bourse : le financier Marc Ladreit de Lacharrière, dont la holding Fimalac est cependant restée sous la barre des 5% du capital, et Vincent Bolloré, dont le groupe de médias et d’édition Vivendi a acquis plus de 13% de Lagardère, devenant le 2e actionnaire.

Des liens anciens

S’y ajoute désormais, via la holding LC&M, l’appui de Bernard Arnault.

« J’ai reçu favorablement la proposition d’Arnaud Lagardère de nous associer à lui. Mon amitié avec Jean-Luc Lagardère a lié nos familles et j’ai le plus grand respect pour le groupe qu’il a construit », a commenté M. Arnault, cité dans le communiqué.

A LIRE>>> Lagardère reste à Lagardère après une AG mouvementée

Bernard Arnault a siégé de 2004 à 2012 au conseil de surveillance de Lagardère, avant d’y être ensuite brièvement remplacé par son fils Antoine. Arnaud Lagardère a lui siégé au conseil d’administration de LVMH, numéro un mondial du luxe contrôlé par M. Arnault.

« L’exceptionnelle réussite de Groupe Arnault (…), ses succès dans le domaine de la distribution, son investissement en matière de création et de culture (…) sont le gage d’une collaboration durable et féconde », a salué M. Lagardère.

Cet accord de partenariat reste soumis à « l’approbation par les organes sociaux compétents au sein des entités concernées ».

Rédaction Mieux Vivre avec AFP

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