La crise sanitaire aura un impact « majeur » sur le secteur de l’assurance

Selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, le superviseur français de la finance, la crise aura des effets significatifs sur les résultats du secteur de l’assurance en 2020, mais ce dernier est suffisamment solide et bien capitalisé pour faire face à tous ses engagements.

Depuis l'entrée en vigueur du dispositif, plusieurs associations de consommateurs et assureurs accusent certaines banques de bloquer les demandes en jouant sur le flou qui entoure la question de la date anniversaire de la souscription de l'assurance emprunteur. Crédit: iStock.

Le secteur français de l’assurance est « solide », mais la crise liée au Covid-19 et ses conséquences économiques et sociales auront « un impact majeur », a fait savoir l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, le superviseur français de la finance.

La crise aura « des effets significatifs sur les résultats du secteur en 2020 », a déclaré Bernard Delas, vice-président de l’autorité, à l’occasion de la publication de son rapport annuel.

Du côté des revenus, « il faut s’attendre à une baisse des produits financiers et des primes encaissées », a-t-il expliqué, tout en soulignant des fortes variations possibles d’un secteur à l’autre.

« Des améliorations en assurance automobile et une dégradation plus ou moins forte en prévoyance, assurance annulation d’événements, chômage, assurance-crédit, pertes d’exploitation ou responsabilité civile sont prévisibles », a poursuivi M. Delas.

L’assurance vie connaît quant à elle un mouvement de décollecte nette de l’ordre de 5,2 milliards d’euros depuis le 1er mars.

« Au total, les résultats du secteur de l’assurance seront cette année fortement affectés mais il est difficile d’apprécier aujourd’hui dans quelle proportion sachant que tous les effets de cette crise sur la sinistralité comme sur l’activité n’apparaîtront que progressivement au cours des prochains mois », a encore souligné M. Delas.

Le secteur est capable de résister à la crise

La pandémie a notamment mis en lumière les questions soulevées par la couverture des pertes d’exploitation sans dommages, notamment dans des secteurs particulièrement touchés tels que la restauration.

« De nombreux clients qui croyaient de bonne foi qu’ils étaient couverts par le contrat qu’ils avaient souscrit ont découvert que ce n’était peut-être pas le cas. (…) Lorsque la rédaction du contrat ne permet pas de conclure avec certitude à une absence de garantie, seul le juge peut trancher et lever le doute. L’ACPR n’a en effet pas autorité pour dire le droit en matière de contrat », a affirmé M. Delas.

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Autre conséquence de la crise, les ratios de solvabilité des assureurs se sont dégradés, de l’ordre de 20 à 30 points au 31 mars dernier. Mais de façon générale, le secteur est suffisamment solide et bien capitalisé pour faire face à tous ses engagements et résister même dans les scénarios les plus défavorables.

En 2019, la collecte nette en assurance vie s’est stabilisée à un niveau élevé, tandis qu’en assurance non vie, l’activité s’est développée à un bon rythme avec des primes qui progressent de près de 4%. La sinistralité s’est par contre légèrement dégradée, a fait savoir M. Delas.

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