Quand l’évolution des capitalisations boursières reflète les mutations de l’économie

Au cours des vingt dernières années, les capitalisations boursières des secteurs ont fortement évolué. Alors qu’en 2000, l’industrie occupait la première marche du podium, ce sont les biens de consommation qui lui ont succédé aujourd’hui, grâce à Apple et au luxe. Une évolution en ligne avec les grandes mutations de l’économie.

LVMH, première capitalisation française, valait le quart d’Orange en plein bulle TMT, contre 6 fois plus aujourd’hui. Crédit: iStock.

La lettre Vernimmen établit chaque année un palmarès des 20 premières capitalisations boursières de 14 pays ou zones économiques, celles-ci représentant souvent une part significative de la capitalisation totale des pays, 60% pour la France par exemple. Cela permet de faire des comparaisons sur longue période, ici entre 2000 et 2020.

Premier constat, l’évolution des capitalisations boursières reflète les mutations de l’économie.

L’industrie est ainsi passée de la première position sur le plan sectoriel avec 25% des capitalisations boursières en 2000 à seulement 10% en 2020.

Et qui mieux que General Electric pour symboliser ce phénomène. Alors que le conglomérat américain, avec 521 milliards d’euros de capitalisation boursière, occupait la première place mondiale en 2000, il ne figure plus dans les 20 premières capitalisations américaines depuis 2018. En cause, le développement des services dans les pays riches, mais aussi les effets de la mondialisation, avec la montée en puissance de la Chine.

Qui a pris alors le relais ? Deuxième enseignement : de manière surprenante, le champion de la hausse, ce sont les biens de consommation passés de 6% à 18% des capitalisations boursières, principalement grâce à Apple (6% du total de l’échantillon en 2020, absent en 2000) et au luxe (passé de 0,4 à 2,3%).

Un constat détonant sachant que LVMH valait le quart d’Orange en plein bulle TMT, contre 6 fois plus aujourd’hui. Mais on peut aussi citer Nestlé, leader mondial de l’agro-alimentaire, 11e capitalisation mondiale, valant quasiment autant que le premier distributeur mondial classique, Walmart, ainsi qu’Unilever et Danone.

Poids stables pour Internet et la santé

Si la part des services a peu progressé, passant de 30 à 32%, la catégorie a connu une grande transformation. Les services traditionnels ont chuté de 25% à 10%, tandis que l’e-commerce qui n’existait pas représente 8 % aujourd’hui avec la troisième capitalisation mondiale (Amazon) et la première chinoise (Alibaba). Autre belle performance, celle des services financiers (assurance, mais surtout moyens de paiement) qui représentent 14% du total des capitalisations contre 5% auparavant, grâce à Visa et Mastercard.

A LIRE>>> Pour Florian Allain, « la thématique du rendement reste une option attrayante en Bourse »

Quasi-statu-quo pour les valeurs Internet (10%) : Facebook, Google ou Tencent ont remplacé les anciennes gloires, Cisco, troisième capitalisation boursière mondiale en 2000 avec 465 milliards d’euros (seulement le tiers aujourd’hui), AOL (America Online), etc.

Quant à la santé, son poids est resté stable sur 20 ans, à 9% des capitalisations boursières. Sanofi occupait déjà le 3e rang des capitalisations boursières françaises, Pfizer, Merck et Johnson & Johnson étaient déjà respectivement les 6e, 13e et 18e capitalisations américaines, et Novartis et Roche la 1re et 3e de Suisse.

Sur le même thème

bourse marchés financiers

Ne manquez rien de l'actualité

Réactions et commentaires

Sur la même thématique