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Bourse : des valeurs vacances à la recherche d’un nouveau souffle

Les valeurs du tourisme et des loisirs, portés par Pierre & Vacances, Accord, Trigano, Beneteau ou Catana Group subissent encore les soubresauts du confinement imposé par l'épidémie du covid-19. Comment se positionner en bourse sur ses valeurs "vacances" ? Conseils. 

Crédit: iStock.

Les acteurs du tourisme n’ont pas été épargnés par la quarantaine imposée à l’économie française. La levée du confinement se traduit par une hausse des réservations de séjours qui s’amplifiera si les français peuvent partir sans inquiétude, notamment sur la pérennité de leur emploi, à leur retour de vacances d’été.
La décrue des cours rend les actions des hébergeurs, des constructeurs de bateaux et de campings cars attractives, mais pas sans risque. Analyse.

Une reprise du tourisme au ralenti

Rien de tel que les transhumances estivales pour soutenir un tourisme français qui pèse 7,4 % du PIB 2018, selon l’Insee. Surtout après la quarantaine imposée à un secteur fort de plus de deux millions de salariés : pour le groupe de parcs de loisirs et de remontées mécaniques Compagnie des Alpes, elle se traduit par un recul de plus de 26 % du résultat net, à 47,7 millions d’euros au cours de son premier semestre de l’exercice 2019-2020.
Quant à Aéroports de Paris et Air France KLM, la fermeture des frontières a entraîné un arrêt quasi-complet de l’activité tout au long du confinement, de même que, dans une moindre mesure, pour les constructeurs de camping cars et de bateaux Trigano, Beneteau ou Catana Group.

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Des réservations encore incertaines

Quelques rayons de soleil percent ce ciel noir. Selon la fédération de l’hôtellerie de plein air, les quelques 8.000 campings français, dont les trois quarts ont rouverts leurs barrières, triplent leurs réservations depuis le week-end de la Pentecôte.
Idem du coté des résidences de loisirs, qui voient les demandes grimper d’autant. Le président de Pierre & Vacances pointe surtout une hausse de la durée des séjours et une montée en gamme des réservations.

Reste à savoir si la tendance perdurera. Une enquête de VVF (Villages Vacances France) démontre que 53 % des français se posent encore des questions quant à leurs vacances et que 59 % d’entre eux reportent leur départ en septembre. Malgré un bas de laine de 55 milliards d’euros épargnés pendant le confinement, 27 % d’entre eux comptent réduire leur budget congés, et ce sont les postes restauration (44 %), loisirs (37 %) et hébergement (22 %) qui feront les frais de cette prudence.

Le transport aérien à la traîne

Du côté du transport aérien, malgré un bond de 30 % du trafic en mai selon l’Iata (International Air Transport Association), mieux vaut rester à l’écart d’Air France-KLM, une compagnie encore fragilisée par ses concurrentes low-costs et par une gouvernance défaillante.
En revanche, Aéroports de Paris, qui relance Orly dès le 26 juin, peut compter sur une reprise crescendo de son activité. Malgré la chute attendue de 55 % de son excédent brut d’exploitation en 2020, selon Crédit Suisse, la société peut tabler sur une remontée en puissance de son activité. L’investisseur profitera de tout repli sous 96 euros pour se placer, avec un objectif de cours de 130 euros.

Le loisir de plein air profite de l’embellie

Du côté de Compagnie Des Alpes ou de Pierre & Vacances, la levée des restrictions de circulation tombe à pic. En particulier pour la première qui peut relancer son Parc Astérix, son Futuroscope et ses autres parcs d’attractions.
En dépit de pertes irréversibles dans les stations de ski, la valeur Compagnie Des Alpes mérite que l’on s’y intéresse, avec un objectif de cours de 25 euros : à 22 euros, elle affiche encore un repli de plus de 27 % depuis le 1er janvier.
Quant à Pierre & Vacances, qui gagne plus de 4% sur la période, à 21 euros, mieux vaut attendre qu’elle repasse sous les 19 euros pour jouer la reprise en main par la nouvelle direction.

L’hôtellerie, un secteur encore en dents de scie

Quid d’Accor ? Le géant mondial de l’hôtellerie dépend davantage du tourisme d’affaires et des relations avec la Chine et les Etats-Unis. La crise sanitaire pourrait modifier le comportement de la clientèle d’entreprise et l’action n’est pas vraiment donnée.

Trigano, le spécialiste du matériel de camping et des camping cars devrait renouer avec des ventes et des marges plus confortables puisque ses produits collent avec une demande de liberté et de vacances moins chères. L’entreprise dispose d’une trésorerie de plus de 130 millions pour absorber le trou laissé par les deux mois d’activité réduite à rien ou presque. A 86 euros et après un repli de plus de 7% depuis le début de l’année, la valeur capitalise 11 fois les profits attendus sur le prochain exercice et devrait pouvoir approcher le seuil des 90 euros.

Les équipementiers de bateaux de plaisance et de croisière en perte de vitesse

Du côté de la plaisance, l’action Bénéteau demeure chère en dépit d’un recul de 33 % depuis janvier. Elle capitalise encore 18 fois les profits attendus l’an prochain. Mais les restructurations et la présentation prochaine d’une nouvelle feuille de route par la direction devraient soutenir le titre. L’investisseur visera un objectif de cours de 9 euros.

Catana, le spécialiste du catamaran de croisière travaille de son côté essentiellement avec des loueurs, et pouvait compter sur sa filiale tunisienne pendant le confinement. Malgré un carnet de commandes épais, le constructeur a revu ses perspectives à la baisse. L’investisseur profitera du repli de près de 40 % pour revenir vers 2,40 euros sur un titre à jouer pour le moyen terme avec un objectif de 3 euros.