Se connecter S’abonner

Pourquoi les sociétés ESG les mieux notées se sont montrées plus résilientes

Les sociétés les mieux notées selon les critères ESG ont surperformé leurs pairs lors de la baisse des marchés mais aussi lors du rebond. La Française AM, dans une note d’analyse, explique les raisons de ce phénomène.

assurances vie
Crédit: iStock.

Un des grands enseignements de la récente crise boursière est la résilience des sociétés les mieux notées selon les critères ESG. Elles ont surperformé leurs pairs lors de la baisse des marchés mais aussi lors de leur rebond. A quelques nuances près en termes géographiques ou sectoriels.

Dans une note d’analyse récente, La Française AM étudie ce phénomène. Selon ses experts, « sur les marchés baissiers, c’est surtout la force des facteurs sociaux et de gouvernance qui a conduit à cette résilience relative : la forte gestion du capital humain a permis une protection sans faille des employés et un processus de réorganisation qui ont largement minimisé les perturbations ».

Quant à la meilleure performance lors du rebond des marchés, La Française AM l’attribue principalement à un effet d’aubaine : « au creux du marché, les investisseurs ont profité de la baisse des cours des actions pour rediriger les flux vers les investissements ESG dont ils n’avaient initialement pas profité ».

Une tendance à confirmer sur le long terme

Pourquoi la transparence et la bonne gouvernance ont-elles eu un effet positif ? Une communication transparente et régulière permet de rassurer les investisseurs et leur donne une plus grande visibilité. Elle se traduit par « une valorisation plus précise » et donne le sentiment « qu’il y a un pilote à bord ». Un exemple : Microsoft, exemplaire en matière de transparence durant toute la crise sanitaire.

Une prise de conscience de la part des entreprises de leurs responsabilités vis-à-vis de leurs parties prenantes est aussi un facteur d’appréciation. Adidas a, par exemple, sollicité l’aide du gouvernement allemand pour pouvoir payer ses fournisseurs, qui ont ainsi pu eux-mêmes verser leurs salaires à leurs employés, et les loyers de ses boutiques fermées.

A LIRE>>> « Les fonds ISR s’en sortent mieux que les fonds classiques »

Le facteur humain joue également. Les entreprises qui ont mis en œuvre des mesures de protection pour leurs salariés ont pu reprendre leurs activités plus rapidement que leurs homologues. L’exemple de PSA, dont les usines ont commencé à repartir dès la mi-avril, en atteste.

Enfin, « les entreprises avec une empreinte carbone en-deçà de leur secteur ont également affiché une meilleure performance, l’urgence climatique restant omniprésente », note l’étude. Deux raisons à cela. Une entreprise à faible émission de carbone a déjà entrepris une forte restructuration de ses processus internes et externes. Elle est donc « plus agile », déjà en ordre de marche pour gérer ce type de risque. Les investisseurs ont anticipé à travers ces sociétés un monde « d’après » plus vert, avec des plans de relance économique finançant des investissements dans les infrastructures ou la mobilité électronique.

Pour le gestionnaire d’actifs, cette tendance, – d’une surperformance des entreprises ESG à haut score au cours des derniers mois -, doit encore être analysée sur une plus longue période pour être confirmée. Mais si les intentions politiques d’une reprise plus durable se concrétisent, elles sont « à même d’augmenter l’écart de performance entre les actions ESG et les entreprises « ordinaires » ».