PIB: plus optimiste que le gouvernement, l’Insee table sur un recul de 9%

L’Insee envisage un recul moyen de l’activité de 9% cette année quand l’Etat prévoit sur une baisse de 11% du PIB en 2020.

L'Insee estime que le recul du PIB reviendra, dans les prochains mois, à un niveau plus proche de celui d’avant le confinement. Crédit: SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA/

Pour Jean-Luc Tavernier, le directeur général de l’Insee, qui publie une note de conjoncture mercredi 8 juillet, ça ne fait pas un pli: « Il est absurde de dire que l’on serait de ce fait revenu dix ans en arrière. Car cette baisse [du PIB] en moyenne annuelle est bien entendu liée principalement à la chute connue pendant les mois de confinement. » De ce fait, en s’appuyant sur des indicateurs, les économistes de l’institut prennent le pari qu’elle reviendra dans les prochains mois à un niveau plus proche de celui d’avant le confinement.

« Les indicateurs que nous commentons aujourd’hui confirment la solidité de la consommation depuis la mi-mai et une reprise significative dans tous les secteurs autres », est-il écrit, sans oublier de préciser que le transport aérien ou les spectacles, sont encore contraints par les mesures de prévention du coronavirus. En guise de preuve, ils soulignent qu’en juin, la consommation des ménages n’était plus inférieure que de 3% à la normale, ce qui montre la vigueur de la reprise.

Le retour de pratiques habituelles

D’après les perspectives des entreprises, l’Insee estime désormais « l’activité en décembre 2020 pourrait être entre 1% et 6% en deçà de son niveau d’avant crise ». D’ailleurs, avec les informations disponibles le 8 juillet, et près de deux mois après la sortie progressive du confinement, les pertes d’activité économique seraient quasiment trois fois moindres que celles estimées au début du confinement. Alors, l’Insee envisage une chute du PIB de l’ordre de 9% de l’activité économique en 2020. Un recul plus optimiste que le plongeon de 11% avancé par Bercy.

Si la consommation se rapproche de son niveau d’avant la crise, l’Insee souligne également le fait que la dynamique des paiements relatifs aux ventes physiques et celle des paiements en ligne évoluent à présent de conserve. De quoi faire dire à ces économistes que l’on assiste à la reprise de pratiques plus habituelles de consommation.

Une demande extérieure encore inférieure

Si la consommation des ménages soutient la relance des entreprises, ces dernières tournent encore à un rythme inférieur de 11% en juin à la normale, selon l’Insee. Une cadence moindre qui s’explique aussi par le fait que la demande extérieure n’a pas encore atteint son niveau d’avant la crise. Les mesures d’endiguement de l’épidémie chez les pays partenaires ont conduit à une chute de la demande étrangère. Il faut également tenir compte de difficultés d’approvisionnement persistantes, et de l’arrêt partiel de l’activité de certaines branches.

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Quant à l’épargne de ménage, qui a augmenté pendant le confinement, le contexte économique et sanitaire encore incertain, fait que le solde d’opinion sur la capacité d’épargne actuelle n’a pas décliné. Reste à savoir quand et comment les Français vont l’utiliser.

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