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Relance économique: le contribuable ne paiera pas la dette européenne

Emmanuel Macron l’a assuré lors de son interview télévisée du mardi 21 juillet, les Français ne paieront pas la dette européenne. Les grandes entreprises, en revanche, pourraient être mises à contribution.

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Le président était l’invité du journal télévisé de TF1, mardi 21 juillet. Il a tenu à rassurer les Français après l’accord conclu par les 27 sur un plan de relance européen de 750 milliards d’euros. « Ce n’est pas le contribuable français » qui remboursera la dette européenne émise en commun pour financer le plan de relance de 750 milliards d’euros, mais de « grandes entreprises internationales » au moyen de nouvelles taxes, a précisé Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat a souligné qu’aujourd’hui, ces dernières ne sont pas assez sollicitées. Alors, elles « vont payer progressivement cette dette par la fiscalité européenne que nous allons bâtir ». Parallèlement, il a rappelé que l’accord signé par les 27 prévoit la création « de nouvelles ressources propres ». Dans cette optique, trois taxes sont actuellement à l’étude : une taxe sur le plastique non-recyclé, une taxe sur les géants du numérique et une « taxe carbone »

Mieux taxer les géants du web

A propos de la taxe numérique, le président a rappelé que la France avait entamé des négociations avec d’autres pays dont les Etats-Unis, sous l’égide de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), afin de mieux taxer les géants du web tels Google, Apple, Facebook et Amazon. Ceux-ci sont, en effet, régulièrement accusés de ne pas payer leur juste part d’impôt.

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Cette taxe sur les Gafam, « nous sommes en train de la faire au niveau français, nous l’avons décidée parce que l’Europe tardait à la faire et l’OCDE aussi, mais le bon niveau est le niveau européen », a insisté Emmanuel Macron. Cette taxe est d’autant plus nécessaire, selon lui, que « ces grands acteurs du numérique (…) ont fait beaucoup de profits durant la crise et ne payent pas la même TVA, les mêmes impôts sur les sociétés que les petites et moyennes entreprises ».

Eviter une concurrence déloyale

Quant à la « taxe carbone », « nous demandons à nos entreprises beaucoup d’efforts pour être plus vertes », mais « lorsque nous importons de l’acier de l’autre bout du monde (…) qui est fait dans des conditions beaucoup moins vertueuses, il faut pouvoir mettre à nos frontières une taxe ». De quoi éviter une « concurrence déloyale ».

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La création d’une taxe sur le plastique non-recyclé devrait se concrétiser dès le début de 2021. La Commission doit présenter une proposition pour un « mécanisme carbone d’ajustement aux frontières », afin de renchérir les produits importés fabriqués selon un processus très polluant. Pour ce qui est de la taxe sur les Gafam, l’objectif est qu’elle soit en place « au plus tard » début 2023. Enfin, la Commission doit également réfléchir à une nouvelle réforme du marché du carbone, mais aucun calendrier n’a pour le moment été fixé.