La Bourse de Paris plombée par des résultats semestriels médiocres et la contraction historique du PIB américain

Les marchés ont subi aujourd’hui une piqure de rappel sur la sévérité de la crise économique au travers des publications trimestrielles médiocres de la part de grands groupes de la cote et d’une contraction historique des PIB américain et allemand. Le CAC 40 a ainsi perdu 2,13% pour revenir à 4.852,94 points.

Dans ce panorama en berne, Téléperformance, nouvel entrant au sein du CAC 40, a réussi à tirer son épingle du jeu. Crédit: iStock.

L’indice CAC 40 s’est replié de 2,13% aujourd’hui, à 4.852,94 points, miné par des résultats d’entreprises en deçà des attentes puis des indicateurs économiques mauvais, rappelant la dureté de la crise économique.

Les marchés ont subi « une prise de conscience » de la situation économique, un « retour à la réalité » selon Lara Nguyen, experte en investissements financiers au sein de Milleis Banque.

Au delà des anticipations, « qui restent des chiffres abstraits », les données du jour « assoient la prise de position sur le fait que la pandémie a de réelles conséquences sur la situation économique », développe-t-elle.

Le PIB américain a chuté de 32,9% au deuxième trimestre en rythme annualisé, une baisse historique bien que légèrement inférieure aux prévisions des analystes. Par rapport au deuxième trimestre 2019, la baisse est de 9,5%.

Autre donnée négative venant des Etats-Unis, les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont une nouvelle fois augmenté, à 1,43 million la semaine dernière, un nombre supérieur aux attentes des analystes.

Chute historique aussi du PIB allemand

En Europe, l’Allemagne a annoncé une chute historique de 10,1% de son PIB au second trimestre, sa pire récession de l’après-guerre.

En France, certaines grandes entreprises cotées sur l’indice CAC 40, telles que Renault et Danone, ou du SBF 120 comme Casino et Eramet ont publié des résultats médiocres, et accusent de lourdes pertes.

« Il est clair que les investisseurs pensent qu’une reprise économique soutenue et généralisée ne sera pas possible tant qu’une solution sanitaire à la pandémie de Covid-19 ne se profilera pas à l’horizon », écrit l’équipe de recherche et de stratégie de SPDR.

Ces éléments ont « fait oublier » les conclusions de la réunion de la fédérale réserve américaine, pourtant « accueillies favorablement » par les marchés à leur annonce mercredi, relève Mme Nguyen.

La Fed a assuré qu’elle maintenait ses taux dans une fourchette de 0 à 0,25%, et ce « jusqu’en décembre 2020 », relate l’experte.

A ces chiffres mauvais, s’est ajouté un tweet du président américain Donald Trump, évoquant pour la première fois l’hypothèse d’un report de l’élection, mettant en avant, sans la moindre preuve, des risques de fraude liés à l’épidémie de Covid-19.

De fortes fluctuations de cours

Plusieurs valeurs ont affiché des baisses impressionnantes après la publication de leur résultat.

Renault s’est effondré de 9,26%. Le constructeur automobile a subi au premier semestre la perte nette la plus lourde de son histoire, à 7,3 milliards d’euros, plombé par son partenaire japonais Nissan et la crise sanitaire. Il a en outre renoncé à une prévision de résultat pour 2020. Dans son sillage, Peugeot a perdu 4,80%.

Unibail-Rodamco-Westfield a chuté de 8,78%, marqué par une chute de 14,2% de ses revenus semestriels après avoir dû fermer de nombreux centres pendant le pic de la crise sanitaire.

Danone a été fortement pénalisé (- 5,38%) par un chiffre d’affaires en recul de 8,3%.

Le secteur bancaire a également souffert : à la veille de la publication de leurs résultats, Société générale a cédé 5,07%, Crédit Agricole 4,69% et BNP Paribas 3,97%. Côté assurances, Axa a reculé de 3,65%.

Le luxe a aussi été fortement touché, dans le sillage des résultats d’Hermès, qui a perdu 3,40%. LVMH a reculé de 3,44% et L’Oréal de 1,63%.

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Dans le SBF 120, Eramet (- 17,06%) et Casino (- 13,12%), ont été plombés par leurs résultats.

En revanche, Téléperformance s’est extirpé de la mauvaise tendance grâce à une croissance organique plus forte que prévu et des perspectives commerciales favorables. Le titre a progressé de 5,52%.

Safran a aussi fini largement dans le vert après ses résultats, avec une hausse de 3,90%. Le titre a emmené Airbus (+ 1,87%) dans son sillage.

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