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Crise économique : le Medef veut favoriser la reconversion des salariés

Le Medef a soumis une liste de propositions au ministère du Travail, afin de de faciliter la reconversion de salariés vers des secteurs épargnés par la crise, sans avoir à passer par la case chômage.

Vingt propositions. Voilà le nombre de pistes auxquelles le Medef demande au ministère du Travail de réfléchir pour simplifier la reconversion des salariés. Selon Les Echos, la liste permettrait également de revenir sur certains pans de la réforme de 2018. « Notre obsession, c’est de tout faire pour que les salariés ne passent par la case chômage », a expliqué au quotidien Patrick Martin, son président délégué.

Pour le numéro deux de l’organisation patronale, la première mesure à prendre est l’augmentation de l’enveloppe allouée au compte personnel de formation de transition professionnelle (CPF-TP). En 2020, le dispositif a bénéficié de près de 500 millions d’euros. Un montant insuffisant face à l’ampleur de la crise économique et sociale du coronavirus. Dans sa note, le Medef indique que si 10% des salariés dont l’emploi est menacé décident de suivre une formation pour changer de métier, le CPF-TP actuel ne permettra pas de financer leur reconversion.

Une réorganisation du CPF-TP

Le souci ne tiendrait pas uniquement à la question financière. Le Medef verrait d’un bon œil la réorganisation du CPF-TP. Celle-ci passerait, notamment par la mise sous tutelle des opérateurs du Conseil en évolution professionnel. Ces opérateurs sont en fait les conseillers des salariés. Une autre évolution est espérée par l’organisation patronale :  l’accord d’un rôle central aux commissions paritaires qui instruisent les dossiers de la reconversion. L’idée est qu’elles soient au plus près des besoins des territoires et transcendent les frontières entre branches.

Dites AT-Pro, elles devraient, selon le Medef, pouvoir « combiner des financements », en puisant dans les crédits du Compte personnel de formation, du Plan d’investissement dans les compétences (le PIC), ou du FNE-formation. « Nous sommes très demandeurs d’une remise à plat et d’un fléchage plus fin de toutes ces sommes qui sont considérables », précise Patrick Martin au quotidien. De cette façon, de l’argent potentiellement non utilisé pourrait être mobilisé.

Le ministère pas totalement séduit

Selon lui, afin d’être plus réactif, il faudrait également raccourcir les procédures d’agréments des accords de branche pour le dispositif de reconversion par alternance Pro-A. Parallèlement, l’organisation patronal milite en faveur d’incitations financières aux entreprises, afin d’encourager les changements de métier. Celles-ci pourraient, par exemple, prendre la forme d’allègement de charges.

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D’après les Echos, le ministère du Travail aurait plutôt bien accueilli les intentions du Medef. Néanmoins, Elisabeth Borne n’est visiblement pas prête à dire oui à tout. La ministre a ainsi  exclu l’idée de puiser dans la cagnotte destinée à la formation des chômeurs. Elle juge également suffisante l’enveloppe dédiée au CPF-TP. De la même façon, elle dit non à un retour à la situation d’avant 2018 où les partenaires sociaux mélangeaient les enveloppes de des fonds mutualisés.