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Semaine dans le rouge pour la Bourse de Paris

L’indice phare de la place parisienne a cédé 5% sur la semaine. La raison tient au retour des inquiétudes sur la propagation de l’épidémie et ses conséquences sur la reprise. Les marchés se demandent désormais si les plans de relance des Etats et les mesures des banques centrales seront suffisants.

La Bourse de Paris a terminé en baisse aujourd’hui, dans la tendance d’une semaine marquée par le retour des inquiétudes sanitaires qui ont provoqué sa pire performance hebdomadaire depuis trois mois.

L’indice CAC 40 a perdu 0,69% à 4.729,66 points. Sur la semaine, il a chuté de 5%, ce qu’il n’avait plus connu depuis la mi-juin, portant son repli depuis le 1er janvier à 20,88%.

« La baisse est liée à l’accroissement des cas de Covid-19, qui guide les Bourses en 2020. Mais contrairement au mois de mars, les investisseurs savent ce qui se passe », analyse Lara Nguyen, gérante privée à Fastea Capital.

« Le marché ne s’enfonce pas, mais baisse progressivement, jour après jour. Cela montre qu’il ne sur-réagit pas », estime-t-elle, pointant également du doigt que la volatilité, si elle a augmenté, reste très loin des niveaux de crise.

Les mesures de restriction mises en place dans toute l’Europe « nous laissent penser qu’un reconfinement au moins partiel pourrait être possible » juge Valentin Bulle, gérant pour Dôm Finance.

La France a enregistré 16.096 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, un record depuis le lancement des tests à grande échelle dans le pays, selon les données publiées jeudi soir par Santé publique France.

Ralentissement de la reprise

L’Union européenne a appelé ses Etats membres à durcir leurs mesures de contrôle « immédiatement » face aux nouveaux foyers d’épidémie de Covid-19.

« Les investisseurs se demandent si les plans de relance des Etats et les mesures des banques centrales vont suffire » pour maintenir le rebond enclenché depuis la fin des déconfinements, ajoute Mme Nguyen.

Ainsi, parmi les nombreux signaux du ralentissement de la reprise économique, la croissance des commandes de biens durables aux Etats-Unis a fortement ralenti en août, et a été inférieure aux attentes des analystes.

Côté valeurs, le titre Lagardère a spectaculairement grimpé de 32,28%, au lendemain de l’annonce d’une prise de participation de Bernard Arnault au capital de l’entreprise, en pleine bataille entre actionnaires. Après plusieurs séances de baisse, ce rebond permet au cours d’évoluer à son plus haut niveau de l’année. « Les investisseurs se sont accrochés à la seule bonne nouvelle du jour », explique Mme Nguyen.

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Les valeurs bancaires ont encore chuté pour clore une semaine cauchemardesque marquée, en plus des craintes sanitaires, par une enquête sur le blanchiment d’argent transitant sur leurs comptes. Crédit agricole a perdu 3,48%, BNP Paribas 2,92% et Société Générale 2,75%. Au total, elles ont perdu entre 10 et 15% en cinq jours.

Suez a bondi de 5,76% tandis que le PDG de Veolia a assuré que son groupe allait « améliorer » l’offre faite à Engie pour ses parts dans Suez. Veolia en a aussi profité, progressant de 2,14% tandis que Engie a légèrement reculé de 0,13%.