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Entreprises : quel avenir pour le télétravail ?

Le télétravail s’est développé à toute vitesse depuis le mois de mars. Mais sept mois plus tard, que souhaitent les actifs ?

Le promoteur immobilier Cogedim a adapté son offre au télétravail, démocratisé avec la crise sanitaire, en proposant des espaces dédiés dans ses appartements.
Crédit: iStock.

A marche forcée et dans des formes très variables, le télétravail s’est développé à partir du mois de mars pour tenter d’endiguer l’épidémie de coronavirus en France. Si la pratique a séduit une partie des salariés, elle a aussi montré des limites. Une étude publiée par Opinion Way se penche sur ce sujet, susceptible de concerner 55% des actifs.

Pourtant, actuellement, les Français ne sont que 32% à télétravailler. Aujourd’hui, ceux dont le métier permet cette pratique sont plus de quatre sur cinq à penser que le recours au télétravail va se développer en France. Pas au quotidien, mais plutôt à raison de deux jours par semaine au maximum pour une majorité des personnes interrogées (63%). Il faut dire que le bureau reste considéré comme le lieu clé de vie des entreprises. Qui plus est, 66% des répondants considèrent le télétravail comme une pratique moins attractive sur la durée. « Nous constatons que les salariés restent très majoritairement attachés au bureau, pour travailler dans les meilleures conditions, favoriser la cohésion et la profondeur des échanges interpersonnels que les outils collaboratifs ne permettent pas, pour se former et, pourquoi ne pas le dire, profiter d’une vie sociale complète… », commente Jean-Christophe Antoine, président de la société investissement immobilier Atland Voisin, commanditaire de l’étude. 

La visioconférence à la place des déplacements ?

Et si 81% des salariés déclarent que leur entreprise prévoit de mettre en place des actions en faveur du télétravail pour les métiers le permettant, seul un sur dix pense que cela se fera de façon pérenne. Pour 35% des sondés, le télétravail durera uniquement tant que l’épidémie perdurera. En revanche, ils sont 80% à dire que la visioconférence aura plus d’impact que le télétravail sur l’organisation des entreprises. Elle pourrait même remplacer les déplacements professionnels (83%).

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D’un point de vue géographique, l’étude met au jour le fait que le télétravail est particulièrement répandu dans l’agglomération parisienne. Là, les actifs dont le métier est compatible sont 69% à le pratiquer. Ceux qui vivent dans une commune rurale sont moins nombreux à travailler à distance (50%). Cet écart « peut notamment s’expliquer par une différence en termes d’infrastructures (réseaux de connexion internet…), par les activités favorables à ce mode de travail, qui sont surreprésentées en Ile-de-France », détaille l’étude. Elle prend également soin de rappeler que les Franciliens ont acquis une certaine « expérience » du télétravail lors des mouvements sociaux dans les transports en commun.

Déploiement progressif

Alors que les organisations syndicales et patronales s’apprêtent à lancer une négociation pour mieux organiser cette pratique en entreprise, les sondés sont 37% à estimer que le télétravail se déploiera dans les 12 prochains mois et 30% que 12 à 36 mois seront nécessaires.