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Coronavirus : Bruno Le Maire table sur une récession de 11%

Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance prévoit désormais une récession légèrement revue à la hausse, avec un point de plus.

Fisc impôts fermeture agences
Crédit: iStock.

« Nous serons capables de retrouver des bons chiffres de croissance. » Invité sur France Inter vendredi 30 octobre, Bruno Le Maire s’est voulu rassurant. Et cela même s’il prévoit que « nous aurons un chiffre de récession à moins 11% » pour 2020. Il était jusque-là établi à – 10%. « On va avoir un quatrième trimestre qui va être difficile, forcément, on est confiné, l’économie française va tourner moins fort que d’habitude », a prévenu le patron de Bercy. 

Selon lui, les chiffres de la croissance au troisième trimestre (18%) prouvent qu’il y a eu un très fort rebond de l’économie, que les mesures de soutien au pouvoir d’achat des Français, dont le chômage partiel, ont fonctionné. Ce troisième trimestre « très fort » va permettre de limiter la révision de la récession. « La capacité de rebond de l’économie française est considérable », a ajouté le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance.

« Sentiment d’injustice »

Et le ministre de rappeler qu’« au début de l’année 2020, nous avions l’un des meilleurs chiffres de croissance de la zone euro. Nous avions été capables de faire baisser le chômage sous les 8% en métropole ».

Face au « sentiment d’injustice » ressenti par les commerçants contraints de fermer alors que les sites d’e-commerce peuvent continuer leur activité, Bruno Le Maire encourage à l’accélération de la « numérisation des commerces ». Selon lui, un tiers de ces derniers seraient dotés d’un site internet. Une part qu’il juge insuffisante. « Il faut accélérer les transformations nécessaires », a poursuivi le ministre, avant de rappelé que, pendant les quatre semaines de confinement à venir, le télétravail serait la règle.

Le Medef craint un écoulement de l’économie

Durant cette nouvelle phase de confinement, l’activité devrait se contracter de 15% selon lui, avec la fermeture imposée des commerces, restaurants ou encore des lieux de culture. C’est moins que lors du premier confinement, où elle avait chuté de plus de 30%. Cette fois, en effet, les restrictions sont un peu moins fortes qu’au printemps, avec une poursuite du travail plus importante dans de nombreux secteurs grâce aux protocoles sanitaires définis ces derniers mois et à la disponibilité des équipements de protection.

Malgré tout, l’annonce d’un renfort des mesures de soutien en vigueur pour les entreprises et les salariés, afin d’éviter licenciements et faillites, le patronat craint un « écroulement » de l’économie, selon les mots du président du Medef. Geoffroy Roux de Bézieux a notamment qualifié d’ « erreur » la fermeture de la plupart des commerces, estimant qu’ « à un moment, le soutien ne suffit pas »