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Coronavirus : 39% des entreprises du SBF 120 ont voté pour l’annulation des dividendes en 2020

Les actionnaires du SBF 120 ont annulé ou baissé le versement des dividendes cette année en raison de la crise sanitaire, selon le baromètre du partage du profit Eres.

dividendes
Crédit iStock.

La crise liée à la pandémie de Covid-19 a poussé les actionnaires du SBF 120 à faire l’impasse sur leurs dividendes cette année. En effet, selon le baromètre du partage du profit Eres, ils sont 39% à avoir annulé leur versement pour 2020, soit 47 entreprises du SBF 120, et 25% à avoir décidé d’en baisser le montant, soit 30 entreprises, selon le baromètre du partage du profit Eres. En outre, 22% ont décidé de stabiliser le versement de ces dividendes et 14% les ont augmentés. Toutefois, « selon les informations communiquées à ce jour par les entreprises et leurs syndicats », précise la synthèse du baromètre, la crise sanitaire « a eu peu de conséquences sur le versement des primes de partage du profit ». Elles sont 5 sur 29 entreprises à avoir annoncé un décalage fin juillet 2020.

Cependant, le groupe Eres estime que les résultats des entreprises cette année étant impactés par la crise, il y aura des conséquences sur les primes de participation, qui devraient baisser. Certaines ont déjà pris des mesures d’ajustement sur les accords d’intéressement et de participation « pour que leurs salariés ne soient pas pénalisés ». « On peut s’attendre à ce que l’année prochaine des entreprises décident de verser des suppléments d’intéressement et de participation lorsque les primes versées en application des accords seront faibles. Les assouplissements annoncés (durée des accords d’intéressement entre 1 et 3 ans, adhésion simplifiée pour les plus petites entreprises), montrent que le gouvernement fait du partage du profit une des clés de la reprise économique », analyse Pierre-Emmanuel Sassonia, Directeur associé chez Eres.

Par ailleurs, selon le baromètre Eres, l’intéressement serait la prime préférée des entreprises du SBF 120. En effet, en 2019, il représentait plus de la moitié, soit 52%, des primes de partage du profit versées et son montant moyen par salarié était de 2 267 euros. « L’accord d’intéressement permet de définir des objectifs collectifs, ce qui est encore plus important en temps de crise sociale et économique où le repli individuel est un risque pour la collectivité et l’économie. C’est certainement pour cela que le gouvernement a décidé de faire de l’épargne salariale son cheval de bataille pour la relance économique », commente Pierre-Emmanuel Sassonia.

Airbus, Air France-KLM et Crédit Agricole

Le groupe rappelle que les entreprises du SBF 120 ont versé l’an dernier 5,8 milliards d’euros de primes à leurs salariés (intéressement, participation, abondement PEE/PERCO). Les trois entreprises les plus avancées en terme de partage du profit en 2019 sont Airbus, Air France-KLM et Crédit Agricole. La prime moyenne était de 4 312 euros en 2019 : 70% des entreprises ont augmenté le montant par rapport à 2018, 25% ont versé des primes inférieures à 1 000 euros et 12 % ont versé des montants supérieurs à 10 000 euros. De plus, « les dividendes versés aux salariés actionnaires français sont estimés à 620 millions d’euros » l’an dernier.

Ce baromètre du partage du profit Eres a été réalisé à partir d’un échantillon composé de 82 entreprises du SBF120 qui publient les primes de partage du profit et leurs effectifs France/monde. Il est fondé sur des données publiques de l’exercice 2019 publiées en 2020, ainsi que sur les informations disponibles sur les sites internet et les holdings financières et les foncières pour l’analyse de la répartition du partage de profit sont exclues.