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Coronavirus : la crise de trésorerie guette une entreprise sur quatre

La société d’assurance-crédit Euler Hermes estime que 25% des entreprises pourraient être confrontées à une crise de trésorerie en 2021.

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Crédit: iStock.

Le soutien étatique massif n’aura pas évité une importante perte de rentabilité des entreprises non financières. Dans une étude, la société d’assurance-crédit Euler Hermes chiffre à sept points le recul de la marge bénéficiaire de ces sociétés françaises au premier semestre 2020. Le document publié ce mardi 24 novembre, précise que les deux tiers de cette contraction sont imputable au paiement par les entreprises de l’impôt sur la production.

Selon Selin Ozyurt, économiste France au sein de la société, cette situation s’explique par le fait qu’ « afin d’aider les entreprises à surmonter la crise, l’Etat français a consenti des décalages de charges. Mais l’impôt sur la production n’est pas concerné par ce décalage. Ainsi, avec un chiffre d’affaires amoindri par le premier confinement, le paiement de cet impôt à la fin du deuxième trimestre 2020 est venu directement affecter la rentabilité des entreprises françaises ».

Des aides à prolonger

Alors que le plan de relance prévoit un allègement de l’impôt sur la production de l’ordre de 10 milliards d’euros en 2021 et en 2022, Euler Hermes estime que l’impact de cet allègement sur les marges des entreprises françaises sera de +0,7 point par an. Ce qui lui fait dire que « face à ces pertes, si les soutiens étatiques ne sont pas prolongés au-delà du premier semestre 2021 ou que les entreprises se montrent peu enclines à emprunter à nouveau, le manque de liquidités pourrait rapidement se faire ressentir ». Pour Ana Boata, directrice des recherches macroéconomiques d’Euler Hermes, en France et en Allemagne, une entreprise sur quatre pourrait être en situation de crise de trésorerie l’année prochaine, c’est-à-dire en manque de liquidités pour garantir le bon fonctionnement de l’activité.

Le phénomène n’est, en effet, pas limité à la France. En Espagne ou aux Pays-Bas, la régression de la marge bénéficiaire des entreprises non financières au premier semestre 2020 était respectivement de 5,2 et 1,3 points. D’après la société, le chiffre d’affaires cumulé des entreprises exposées au risque de crise de trésorerie atteint 4 300 milliards d’euros en zone euro, soit 20% du total du chiffre d’affaires des entreprises non financières de cette zone. En France, près de 860 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé sont exposés au risque de crise de trésorerie, soit 22% du total du chiffre d’affaires des entreprises non financières françaises.