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2020, année inédite pour les marchés boursiers à cause du Covid-19

Retour sur l’année boursière 2020, faite de chocs et de rebonds. En dépit de certaines éclaircies à la fin de l’année, les incertitudes demeurent pour l’année qui arrive.

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Crédit: iStock.

Façonnée par la crise du Covid, l’année boursière a connu des épisodes extrêmes pour finalement limiter la casse et aborder 2021 avec l’ambition de profiter d’un rebond de la croissance.

« Avec une pandémie mondiale, une économie quasiment nationalisée et des marchés les plus chèrement valorisés depuis l’histoire boursière américaine, le scénario aurait été jugé trop peu crédible » pour être adapté en série, estime Jean-Jacques Ohana, directeur général chargé de la gestion chez Homa Capital.

Dans le rétroviseur boursier, les marchés ne semblaient pas trop perturbés en début d’année par les premiers cas de contamination en Chine, les prémices d’essoufflement économique et la chute des Bourses asiatiques. Puis en mars, une impression de fin du monde fait vaciller les marchés actions sous le choc d’une mise à l’arrêt inédite et quasiment simultanée de l’économie mondialisée pour endiguer l’épidémie.

Les gouvernements et les banques centrales interviennent alors rapidement en tandem pour « empêcher la dépression et sauver la donne sur les marchés financiers », rappelle Vincent Juvyns, stratégiste chez JP Morgan AM.

Liquidités, garanties d’État et plans de chômage partiel

Les liquidités abondent, les garanties d’État et plans de chômage partiel protègent des entreprises paralysées dans un contexte de recul de la croissance.

Tant et si bien qu’à la « fin septembre, la plupart des pays, sauf le Royaume-Uni, étaient revenus à un niveau de croissance de 95% de leur niveau d’avant-crise », souligne Jeanne Asseraf-Bitton, responsable de la recherche marchés de Lyxor Asset Management.

Mais en octobre, c’est le coup de grâce : la deuxième vague des contaminations contraint l’Europe à rétablir des restrictions qui freinent à nouveau la mobilité et donc la croissance. Résultat, l’indice Euro Stoxx, regroupant les grandes capitalisations européennes, perd environ 7% en octobre, pour regagner 22% en novembre. Soit la meilleure performance mensuelle de l’histoire boursière en 30 ans.

Cette envolée boursière coïncide avec la mise au point de deux vaccins efficaces contre le Covid-19 (Pfizer/BioNtech et Moderna) conjuguée à l’élection du démocrate Joe Biden à la tête des États-Unis.

Une levée d’incertitudes qui change aussitôt la donne, offrant à 2021 un horizon plus dégagé. Et pour son clap de fin d’année, le feuilleton boursier à la volatilité vertigineuse pourrait même présenter un « happy end » puisque l’Euro Stoxx 50 n’affichait mi-décembre qu’environ 5% de baisse depuis le début de l’année. Ainsi, même s’il reste des questions sur les effets secondaires à long terme et la durée de l’immunité des vaccins (autorisés), les marchés envisagent 2021 « comme une année de sortie de crise et de reprise », motivés par des prévisions de résultats de certains secteurs revues à la hausse, résume Françoise Cespedes, gérante actions chez Aviva Investors France.

Des défis demeurent

Les investisseurs tiennent également compte des plans de relance de l’activité économique dont ils attendent la mise en œuvre en Europe et aux États-Unis courant 2021. Ils partent du principe que dans un contexte de dette publique très élevée, les banques centrales seront contraintes de maintenir les taux à leurs niveaux historiquement bas, un environnement favorable aux actifs risqués et en particulier aux actions.

Toutefois, il faudra compter sur des défis court-terme : « Les marchés vont réussir à se concentrer sur un retour à la normale en 2021 et pas forcément se focaliser sur les à-coups de croissance à court terme », estime Mme Asseraf-Bitton. Le début d’année pourrait rester fragile. « Au premier trimestre, la reprise pourrait ne pas être à la hauteur de ce qu’a été la baisse de l’activité au quatrième trimestre en Europe », où les restrictions sanitaires restent « plus fréquentes et plus dures », selon l’experte.

Et sur l’après-Brexit, « même s’il y a un accord commercial, il y aura quand même des dégradations des conditions d’échanges » entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni, prévient Mme Cespedes.