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Environnement : quels engagements pour les institutions financières ? 

Dans un rapport commun, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers (AMF) notent « une prise de conscience » des acteurs français de la finance sur les questions climatiques.

Prix de l'énergie
Crédit : iStock.

Des « défis importants subsistent » mais la prise de conscience est bien là. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers (AMF) ont scruté les engagements climatiques du secteur financier. Les mesures environnementales de neuf banques, 17 assureurs et 20 sociétés de gestion ont été analysées pour la première fois, après les promesses exprimées par les institutions financières en juillet 2019. Lors d’une réunion en présence du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, le secteur avait en effet affirmé sa volonté de mettre en place des actions contre le changement climatique et pour la neutralité carbone à l’horizon 2050. 

200 engagements en quatre ans 

Entre janvier 2015 et décembre 2019, ce sont ainsi plus de 200 engagements qui ont été pris par ces acteurs. Parmi ces mesures se trouvent des politiques de désengagement du charbon thermique, considérées comme « un premier pas nécessaire à la mobilisation des acteurs financiers vers une économie bas-carbone ». Cependant, le rapport pointe des actions « insuffisantes en tant que telles face à l’enjeu climatique ». 

La totalité des grandes banques et assurances étudiées ont ainsi rédigé des mesures d’exclusion et de désinvestissement du charbon thermique, mais seules 44% des banques et 47% des assureurs ont pris un ou plusieurs engagements pour réduire l’empreinte carbone de leur portefeuille d’investissements. Du côté des assurances, on note une baisse des actifs « charbon » sur les cinq dernières années. Sur la même période, l’investissement des banques dans de tels produits stagne. 

Des progrès à faire 

Un tiers des sociétés de gestion développent « une stratégie climat », ce qui représente 70% des encours gérés. 78% des établissements bancaires et 65% des assureurs expriment une volonté de faire correspondre leurs actions avec l’objectif climatique de 2°C de réchauffement. Une grande majorité des banques et des assurances, 89% et 65%, prennent des engagements pour financer des projets facilitant la transition énergétique, pour investir dans des énergies renouvelables. 

L’ACPR et l’AMF notent ainsi une « hétérogénéité » dans l’application de ces engagements. Même si le secteur financier a exprimé une volonté de lutter contre le réchauffement climatique, « des défis importants subsistent pour leur mise en œuvre effective ». La Place de Paris a donc encore des progrès à faire, même si elle se révèle « précurseuse par rapport aux autres places financières », indique l’étude.