Se connecter S’abonner

CAC 40 : forte baisse du retour aux actionnaires en 2020

Les groupes du CAC 40 ont rendu l’année dernière à leurs actionnaires sous la forme de dividendes ou de rachat d’actions 35,9 milliards d’euros, un montant en baisse de 40% par rapport à 2019. Un rebond des dividendes versés est attendu cette année.

Bourse
Crédit : Istock.

L’année 2020 aura bien été une année de disette pour les actionnaires. La dernière étude sur le sujet de La lettre Vernimmen le confirme. Les groupes du CAC 40 ont reversé l’année dernière à leurs actionnaires sous la forme de dividendes ou de rachat d’actions 35,9 milliards d’euros, ce qui représente une baisse de 40% par rapport à 2019. Il s’agit du second repli le plus important depuis que l’étude est réalisée (soit dix-huit ans) après celui de 2009 (- 50%).

La crise sanitaire aura donc eu des effets moins dévastateurs pour les actionnaires que la crise financière. L’étude avance plusieurs arguments pour l’expliquer. La composition du CAC 40 a évolué. Le poids des entreprises de luxe ou de biens de consommation (LVMH, Kering, Hermès, L’Oréal, …) à l’activité plus résiliente est plus élevé aujourd’hui qu’en 2009. Le choc provoqué par la pandémie a aussi été plus court dans le temps, et le rebond plus rapide. Certains groupes, une fois l’impact de la crise sur leur activité bien appréhendé, ont repris le versement de leur dividende (Bouygues) ou ont procédé à des rachats d’actions (Saint-Gobain …). Enfin, l’accès aux liquidités ne s’est pas révélé un problème pour les groupes les mieux notés. Lesquels ont ainsi eu moins de réticences à verser un dividende.

Vers un meilleur cru en 2021

Sans surprise, les trois groupes les plus généreux envers leurs actionnaires ont été Total (6,4 milliards d’euros), Sanofi (4,8 milliards) et Vivendi (2,8 milliards), des « entreprises matures ». Ils représentent à eux trois 39% du volume. Si l’on ajoute LVMH et L’Oréal, le seuil des 50% est franchi. La dernière moitié du CAC 40 ne représentant que 6% du total.

Sur la somme totale reversée aux actionnaires, les dividendes versés en numéraire ont représenté 28,6 milliards d’euros (contre 49,2 milliards en 2019). Quatorze groupes les ont supprimés l’an dernier. Si certains l’ont fait pour préserver leurs liquidités, d’autres ont cédé « au politiquement correct » notent les auteurs de l’étude, en invoquant « un souci d’exemplarité ». Certains dividendes ont été payés pour partie en actions. Ce qui a évité aux entreprises initiatrices de trop débourser de liquidités et leur a permis de préserver leur capacité à financer des acquisitions.

Les dividendes versés devraient rebondir en 2021 selon La lettre de Vernimmen. Ils avaient crû de 32% en 2010 après la crise financière. L’étude s’attend à une hausse supérieure si les banques reprennent leur versement.