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Bourse : Misez sur Alstom, la valeur du mois

Renforcé par son nouveau périmètre, Alstom devrait bénéficier pleinement des plans de relance annoncés par de nombreux États en faveur de la transition énergétique.

Alstom

Alors que l’année 2020 fut éprouvante pour bon nombre d’entreprises, Alstom, au contraire, a accéléré sa stratégie de croissance en prenant le contrôle de son concurrent canadien, Bombardier Transport. L’occasion de se hisser au deuxième rang mondial du transport ferroviaire derrière le chinois CRRC et devant l’allemand Siemens Mobility. La crise sanitaire aura même permis à l’industriel français de réduire la facture en ne déboursant finalement que 5,3 milliards d’euros au lieu des 5,8 à 6,2 milliards prévus il y a un an. Il faut dire que Bombardier n’est pas sorti complètement indemne du choc conjoncturel…

Une marge de 9 % à l’horizon 2022/2023

Pour autant, le marché mondial du ferroviaire reste promis à une belle croissance d’autant qu’il apparaît comme un vecteur incontournable du basculement vers une mobilité plus durable. Sa progression est anticipée autour de 2,6 % par an sur la période 2020 à 2025.

Renforcé par son nouveau périmètre, Alstom devrait bénéficier pleinement des plans de relance annoncés par de nombreux États en faveur de la transition énergétique. La visibilité offerte au groupe se traduit déjà par un carnet de commandes bien rempli malgré une activité commerciale ralentie sur les derniers mois. A la fin de janvier, celui-ci s’élevait à 40,1 milliards d’euros, représentant cinq années de chiffre d’affaires. Alstom continue d’engranger des contrats majeurs comme le tramway de Nantes, les métros de Toulouse et de Taipei (Taïwan) ou le système de signalisation entre Delhi et Meerut (Inde).

Bonne résistance de la marge opérationnelle

Côté résultats, le premier semestre de l’exercice 2020/2021 a certes fait ressortir une érosion du chiffre d’affaires (- 13 % en organique) liée aux perturbations provoquées par l’épidémie du coronavirus. Toutefois, la marge opérationnelle a bien résisté en se maintenant à 7,5 % des ventes (contre 7,7 % un an plus tôt) grâce à l’optimisation des capacités de production et à l’amélioration de l’efficacité industrielle.

La direction fait déjà part d’une forte reprise de la production au deuxième semestre et table pour cette année sur un chiffre d’affaires compris entre 7,6 et 7,9 milliards d’euros, assorti d’une marge de 7,7 à 8 %. L’objectif d’un taux de croissance annuel moyen de 5 % sur la période 2019/2020 à 2022/2023 sera peut-être manqué de peu à cause de la crise sanitaire, mais Alstom ambitionne toujours une marge de 9 % dans deux ans.

Pour assurer son développement, le groupe dispose d’une structure financière confortable. Après les augmentations de capital réservées à la maison mère de Bombardier Transport et à la Caisse de dépôt et placement du Québec, il dispose d’une trésorerie nette proche de 1 milliard d’euros et de plus de 4 milliards de fonds propres. A 21,5 fois les profits attendus pour l’exercice 2021/2022, le titre conserve un bon potentiel au regard des perspectives favorables du marché ferroviaire.

Alstom, un pionnier de la mobilité durable

Si les objectifs financiers du plan stratégique « Alstom in Motion » risquent de ne pas être tous atteints en 2023 en raison de la crise sanitaire, le groupe, en revanche, ne devrait pas dévier de sa stratégie consistant à devenir un pionnier de la mobilité durable et « intelligente ». Il a identifié six axes de développement prioritaires pour y parvenir : la traction propre et l’efficacité énergétique, l’électromobilité routière, la production durable, le train autonome, la gestion des données pour des produits connectés et la gestion des flux. Alstom a notamment conçu le premier train à hydrogène zéro émission, le Coradia iLint, déjà en service en Allemagne. Parallèlement, il s’est illustré en développant Hesop, une sous-station électrique réversible qui combine alimentation en énergie de traction et récupération de l’énergie de freinage des véhicules.