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Comment bien investir avec les ETF

Le marché des ETF vole de records en records. Longtemps, il n’a intéressé que les investisseurs institutionnels, mais les particuliers peuvent y trouver de séduisants outils d’épargne.

Les ETF sont arrivés en Europe il y a plus de vingt ans, en France notamment, avec le produit pionnier de Lyxor sur le CAC 40, lancé en ­décembre 2000. Le choix de cet indice prisé des investisseurs particuliers montrait assez bien quelle était la cible initiale des émetteurs d’ETF, mais elle a alors été manquée. Car si le marché européen a fortement progressé d’année en année, c’est bien grâce aux investisseurs institutionnels. Toutefois, la situation est en train d’évoluer rapidement. Dans son dernier « Tableau de bord des investisseurs particuliers actifs » en date de janvier 2021, l’Autorité des marchés financiers (AMF) indique que 233 000 épargnants ont passé au moins un ordre d’achat sur un ETF en 2020, ce chiffre étant en hausse de 63 % par rapport à 2018. Pourquoi pas vous ? 

Des produits parfaitement transparents

Un ETF (pour exchange traded fund) est un fonds coté en Bourse. On peut donc l’acheter immédiatement à un cours connu. Son fonctionnement est simple : il est en pilotage automatique et sa mission est de répliquer au plus près un marché, un secteur ou un panier d’actions prédéfini. Vous savez ainsi très exactement ce que vous achetez : « un atout majeur des ETF réside dans leur lisibilité et leur transparence : non seulement on a accès en permanence au contenu du portefeuille, mais le fait qu’il réplique un indice permet de visualiser son comportement historique », rappelle Thibaud de Cherisey, directeur du développement des ETF chez Invesco.  

>> Retrouvez notre dossier spécial investissement dans les ETF, avec BNP Paribas Easy

Pour spéculer ou jouer un secteur

Autre atout majeur : les ETF permettent toutes les stratégies d’investissement possibles et conviennent à tous les profils d’investisseurs. Ils peuvent d’abord servir aux boursicoteurs très actifs qui souhaitent spéculer sur des mouvements de très court terme. Ceux-ci trouveront de l’intérêt dans les ETF à effet de levier, construits pour répliquer, en les amplifiant, les variations journalières d’un indice. L’ETF Lyxor Nasdaq-100 Daily (2x) Leveraged générera ainsi une performance double, chaque jour, de celle de l’indice technologique américain. Semblablement, il existe des ETF short qui vont inverser la performance d’un indice. Cet usage, proche de celui des warrants ou des turbos, est à réserver à la même clientèle avertie et la faculté à négocier facilement et rapidement les ETF est ici cruciale.

Avec les ETF sectoriels, on peut miser sur des rotations entre secteurs à court ou moyen terme, liées aux évolutions du cycle économique, tandis que les ETF thématiques fournissent des briques d’allocation permettant de s’exposer à des tendances structurelles et de donner ainsi une coloration à son portefeuille financier. Actuellement, ceux axés sur la transition climatique ou la numérisation de l’économie sont sans doute les plus intéressants.

Pour profiter de la performance des grands indices

Les ETF les plus classiques, répliquant de grands indices boursiers, sont quant à eux parfaitement adaptés pour composer un cœur de portefeuille sur le long terme. Ce type de stratégie a été assez prisé l’an dernier. « En 2020, on a plutôt vu les flux des épargnants se diriger vers des expositions très simples, comme le MSCI World, explique Jérémy ­Tubiana, responsable vente ETF distribution France chez Lyxor AM. En une seule transaction, l’investisseur se retrouve exposé à près de 1 600 actions mondiales. Le marché américain, via les indices S&P 500 et Nasdaq, a aussi été recherché. Il faut dire qu’il est historiquement plus performant que le marché européen. »

Enfin, un usage indirect des ETF par les particuliers se développe avec les offres des robo-advisors comme Nalo ou Yomoni, qui proposent des mandats de gestion à base d’ETF adaptés au profil de risque souhaité. Ces deux fintech ont connu une forte croissance en 2020, Yomoni faisant la course en tête avec des encours de 320 millions d’euros à la fin de 2020, en hausse de 76 % sur un an. « Le profil de nos clients est plutôt jeune et ce sont des rationnels délégataires », résume Sébastien d’Ornano, président de Yomoni. Des clients séduits par la lisibilité des offres, permise par la transparence des ETF, mais préférant tout de même qu’il y ait un pilote dans l’avion.

Vigilance sur les frais

Comment choisir ? D’abord en scrutant le niveau des frais. Sur les sites des émetteurs ou dans le document d’information clé pour l’investisseur (Dici), vous les repérez facilement sous l’appellation « frais courants » ou parfois « TFE » (total des frais sur encours). Ce point est d’autant plus important si vous achetez des ETF pour un horizon de temps éloigné. A ce titre, la gamme « Prime » d’Amundi place la barre très bas, avec des frais courants de 0,05 %, en proposant des expositions aux actions ou obligations sur différentes zones géographiques. 

Pour les épargnants les plus actifs, il faudra aussi faire attention à des frais moins visibles, ceux liés à la fourchette achat/vente de l’ETF dans le carnet d’ordres disponible sur le marché. Il peut y avoir un écart plus ou moins important entre la meilleure offre (le vendeur qui offre le prix le plus bas) et la meilleure demande (l’acheteur qui accepte le prix le plus élevé). C’est ici que le volume des encours de l’ETF est un aspect à regarder : ce n’est pas mécanique, mais un ETF de taille importante aura a priori une liquidité plus forte, donc une fourchette plus resserrée. C’est exactement la même chose que pour une action : sur une grande ­valeur du CAC 40, les échanges nourris sont propices à un faible écart achat/vente, à la différence d’une ­microcapitalisation peu traitée. Si vous comptez faire un aller-retour dans la journée sur un ETF, il faut ­impérativement tenir compte de ce critère.

PEA ou compte-titres, faites le bon choix

Il faut par ailleurs s’intéresser à l’enveloppe. Certes, l’usage d’un compte-titres est le plus simple et, dans certains cas, le seul possible. Mais l’investisseur s’expose alors, dès qu’il cède des parts d’ETF, à la même fiscalité sur les plus-values que s’il revendait des actions ou des parts de fonds classiques. Opter pour un plan d’épargne en actions (PEA) est donc pertinent. Et surtout, cela réserve de bonnes surprises, grâce aux ETF à réplication synthétique.

Au lieu d’investir directement dans les titres de l’indice qu’ils entendent répliquer (réplication physique), ils vont acheter un autre panier de titres, puis échanger la performance de celui-ci avec celle de l’indice ciblé via un contrat de swap (échange) moyennant une contrepartie. Au-delà des détails techniques, l’intérêt pour le détenteur d’un PEA est qu’un ETF peut tout à fait respecter les contraintes de cette enveloppe (investir en actions européennes) tout en offrant la performance d’un autre ­indice. Mettre du Nasdaq, du S&P 500 ou des actions japonaises dans son PEA, c’est donc possible. Bien sûr, on peut aussi intégrer des ETF plus classiques dans son plan. 

Si vous souhaitez investir en direct, voici notre sélection de 10 ETF permettant une bonne diversification.

Nom (société de gestion)Code ISINNotre avis
Amundi ETF PEA MSCI Emerging Asia (Amundi)FR0013412012La Chine pèse pour la moitié des investissements de cet ETF, devant la Corée, Taïwan et l’Inde. Il permet de s’exposer à la plus forte zone de croissance mondiale, à moindre coût (0,2 % de frais courants). Et dans un PEA !
Amundi Prime USA (Amundi)LU2089238468Un accès presque gratuit au marché américain (grandes et moyennes capitalisations) avec 
des frais de gestion de… 0,05 % par an. Sur un an, l’ETF s’offre même le luxe de battre très légèrement l’indice Solactive qu’il réplique.
BNP Paribas Easy ECPI Global ESG Blue Economy (BNP Paribas AM)LU2194447293Le dernier-né de la gamme d’ETF de BNP Paribas investit dans une cinquantaine de valeurs de sociétés impliquées dans la gestion durable des océans. Une stratégie ESG thématique originale à utiliser à titre de diversification.
BNP Paribas Easy Low Carbon 100 Europe PAB (BNP Paribas AM)LU1377382368Le doyen des ETF bas carbone. Un portefeuille diversifié investi dans une centaine de valeurs européennes et respectant les objectifs climatiques de l’Accord de Paris. Pour verdir ses investissements sans biais sectoriel.
iShares MSCI USA SRI (BlackRock)IE00BYVJRR92Un accès aux valeurs américaines bien notées sur le plan ESG avec une vigilance particulière 
sur le secteur énergie et l’exclusion de secteurs controversées (armes, tabac, alcool, etc.). Ce produit bénéficie du label ISR français.
Invesco Elwood Global Blockchain (Invesco)IE00BGBN6P67Un moyen original, moins risqué que le bitcoin, d’investir dans la technologie de la blockchain, via une cinquantaine d’actions (Asie et Etats-Unis, essentiellement). A réserver à des investisseurs sophistiqués, à titre de diversification.
JPM ETFS -Emerging Markets Sovereign Bond (JPMorgan AM)IE00BDDRDY39Un moyen de s’exposer aux obligations d’Etat émergentes, une classe d’actifs de plus en plus recherchée par les investisseurs internationaux. Un compartiment de l’obligataire où subsiste un rendement décent.
Lyxor CAC 40 DR Dist (Lyxor AM)FR0007052782Cet ETF CAC 40 est le vétéran français du marché. Ici, en version distribution (à dividende semestriel), pour les investisseurs souhaitant générer un revenu. Mais il existe aussi une part capitalisant les revenus.
Lyxor PEA Monde (Lyxor AM)FR0011869353Cet outil intéressant permet, grâce au mode de réplication synthétique, de mettre dans votre PEA les 1 600 valeurs de l’indice des actions mondiales MSCI World. En euros, la performance est de 57 % sur 5 ans.
Ossiam Shiller Barclays Cape Europe Sector Value (Ossiam)LU1079842321Vous souhaitez parier sur un rebond de l’économie en 2021 ? Cette stratégie permet 
de se positionner sur des secteurs peu valorisés et susceptibles de repartir à la hausse : consommation, services de communication, santé.