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OPA Veolia/Suez : l’AMF hausse le ton

La stratégie de Suez pour contrer l’OPA de Veolia porte atteinte à plusieurs « principes directeurs » de bon fonctionnement des marchés, dont l’obligation de transparence et de loyauté dans les transactions, selon l’Autorité des marchés financiers (AMF).

AMF
Crédit : iStock.

L’AMF monte au créneau dans l’OPA de Veolia sur Suez. « La recherche d’une solution négociée entre les parties est tout à fait légitime mais elle doit respecter les principes de transparence et d’intégrité du marché, de loyauté dans les transactions et la compétition, ainsi que du libre jeu des offres et de leurs surenchères », souligne l’AMF dans un communiqué. L’AMF pointe notamment la décision de Suez d’activer une fondation de droit néerlandais, créée par le groupe pour chapeauter ses actifs Eau France et en empêcher la cession.

Suez s’est engagé à désactiver cette structure si Veolia relevait son offre d’achat à 22,50 euros l’action (au lieu de 18 euros aujourd’hui), ou transférait une part importante des actifs aux fonds Ardian et GIP, partenaires de Suez. Or « de telles conditions posées par Suez ne sont susceptibles de permettre la désactivation de la fondation que dans des cas limitatifs et contraints », souligne l’AMF.

L’AMF évoque aussi l’annonce par Ardian-GIP selon laquelle « si Veolia venait à retirer son offre dans les six mois, le consortium pourrait considérer le dépôt d’une offre publique sur l’intégralité du capital de Suez », à 20 euros l’action.

Une valorisation qui ne correspond pas à un prix que les actionnaires seraient en mesure de recevoir

Mais cette valorisation de 20 euros par action « ne correspond pas, en réalité, à un prix ou une valeur que les actionnaires de Suez seraient en mesure de recevoir », selon l’AMF. Une telle information, « alors que Suez est en période d’offre, ne contribue pas à la bonne information des investisseurs », déplore le gendarme de la Bourse.

Les modifications que la société Suez a apportées au dispositif de la fondation de droit néerlandais, combinées au soutien à la proposition du consortium Ardian-GIP négociée par le conseil d’administration, « portent atteinte à ces règles et principes directeurs que l’AMF a pour mission de faire respecter », conclut l’autorité.