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Spacs : pour l’AMF « les Etats-Unis nous ont montré les écueils à éviter »

L’Autorité des marchés financiers (AMF) n’est pas « hostile par principe aux Spacs », ce nouvel instrument financier d’introduction en Bourse. Les Etats-Unis, où ils sont très en vogue, ont « montré les écueils à éviter », a affirmé Robert Ophèle, son président.

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Sortes de coquilles vides, les Spacs, ou « Special Purpose Acquisition Company », sont des entreprises sans activité commerciale qui lèvent des fonds en entrant sur une place boursière puis cherchent à acquérir une autre compagnie. Des entrepreneurs à succès ou des personnalités (dits « sponsors »), à l’instar du rappeur Jay-Z ou de l’ancienne star du basket-ball Shaquille O’Neal aux États-Unis, associent généralement leurs noms aux Spacs, contribuant à leur publicité. « De nombreux excès ont de fait été observés aux Etats-Unis » où elles se « sont multipliées » avant de se développer « désormais en Europe », a rappelé le patron de l’AMF à l’occasion de la présentation du rapport annuel 2020 de l’institution, jeudi 15 avril 

« Dans de nombreux cas, les promoteurs de ces Spacs en étaient en fait les seuls bénéficiaires » et « lorsque le Spac avait finalement identifié une cible et fusionné avec elle, la valorisation s’avérait trop élevée et la performance de l’opération pour les investisseurs restants était désastreuse », a souligné le président du régulateur français. « D’une certaine manière, les Etats-Unis nous ont montré les écueils à éviter »  en matière de Spacs, a complété Robert Ophèle.

Besoin de transparence

Ainsi, « la quasi-totalité des Spacs lancés par des sponsors de qualité médiocre se sont avérés perdants alors que les autres étaient de bien meilleure facture », a expliqué Robert Ophèle, assurant que l’AMF n’était pas « hostile par principe aux Spacs ». « Avec une structuration de qualité permettant un alignement des intérêts, le Spac est une manière d’introduire en Bourse des sociétés de taille significative, complémentaire des introductions traditionnelles et établissant un lien potentiellement fructueux avec le private equity (capital-investissement) », a-t-il estimé.

Pour les entreprises cherchant à accéder au marché boursier, le Spac est une voie d’accès plus rapide et moins coûteuse qu’une introduction en Bourse classique puisque la cotation a déjà eu lieu en amont. Début avril, l’autorité de régulation du marché boursier américain, la SEC, s’est dite préoccupée par les possibles dangers liés aux Spacs, insistant sur le besoin de transparence autour des activités de ces véhicules financiers à la mode.

Déjà 306 opérations de fusions 

Ils ont déjà permis de lever un montant record de 99 milliards de dollars à travers 306 opérations de fusions cette année, d’après les statistiques du cabinet Spac Research data, après une année 2020 déjà historique sur ce front.