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Les grands patrons vont toucher plus en 2021

La rémunération des grands patrons devrait repartir à la hausse cette année selon une étude.

Crédit : iStock.

L’effort consenti par les patrons en 2020 ne sera pas renouvelé en 2021. Les dirigeants du CAC 40 devraient toucher 5,3 millions d’euros en moyenne cette année selon L’Hebdo des AG. C’est 1,5 million d’euros de plus que l’année dernière qui comptabilisait 3,8 millions d’euros, précise Le Monde le 9 août, et 500.000 euros de plus qu’en 2019, avec 4,8 millions d’euros. Beaucoup d’entre eux avaient renoncé à leur intéressement en 2020, ou accepté des baisses de leurs salaires, par solidarité, en pleine pandémie de Covid-19. Concernant les entreprises du SBF 120, leurs dirigeants toucheront un total de 3,2 millions d’euros, contre 1,9 million l’an dernier et 2,2 millions d’euros l’année précédente.

C’est lors des assemblées générales des actionnaires que sont décidées les rémunérations des patrons, soit leur salaire fixe, leur rémunération variable et l’intéressement. Elles sont appelées enveloppes cibles, et si « en théorie, les dirigeants d’entreprise ne sont pas sûrs de toucher cette cible », précise au Monde Bénédicte Hautefort, éditrice de L’Hebdo des AG, « dans les faits, ce qui est versé in fine s’avère très proche »

Contestation en AG

Ces rémunérations font l’objet de controverses, à tous les niveaux : actionnaires, syndicats, responsables politiques et opinion publique. Les résolutions prises sur le sujet lors des AG sont les plus contestées, selon Augustin Vincent, responsable de la recherche environnement, social, gouvernance (ESG) chez Mandarine Gestion, « bien plus que l’affectation du résultat ou le dividende ». A titre d’exemple, on peut citer le cas du PDG de Teleperformance (numéro un mondial des centres d’appels), Daniel Julien, dont l’enveloppe pour 2020 a été contestée par près de 40% des actionnaires lors de l’AG du 22 avril. Cependant, ce ne sont pas les montants eux-mêmes qui seraient remis en cause, mais plutôt « un défaut d’information, le manque de transparence d’une politique de rémunération », précise à nos confrères Jean de Calbiac, associé du cabinet Avanty Avocats.

Parmi les critères pris en compte dans les enveloppes octroyées aux dirigeants des grandes entreprises, il y a les efforts réalisés dans la réduction des émissions de gaz à effets de serre ou encore la responsabilité sociale. « Les indicateurs sur le climat ont fait leur apparition dans les politiques de rémunération des dirigeants en 2015, chez LVMH, Veolia ou Bouygues », indique Bénédicte Hautefort. « En 2021, ce sont les critères sur la féminisation qui ont fleuri », affirme encore l’éditrice au quotidien national. Certains patrons auraient ainsi un bonus « dont une partie est liée à leur stratégie pour réduire les inégalités salariales hommes-femmes ou tendre vers la parité dans les instances dirigeantes », ajoute-t-elle. Cela concerne un quart des dirigeants du CAC 40.