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CAC 40 : la Chine et la Fed mettent fin au rallye d’été

Le durcissement de la politique du gouvernement chinois et la perspective d’une politique monétaire moins accommodante aux États-Unis pèsent sur les marchés.

Ukraine

En l’espace d’une semaine, le sentiment de marché a radicalement changé. Alors que l’indice CAC 40 (hors dividende) était sur le point de recoller avec son plus haut niveau historique de 6944,77 points atteint le 4 septembre 2000, il a été stoppé net dans son élan par deux événements majeurs. Tout d’abord, la reprise en main par le gouvernement chinois de plusieurs pans de l’économie de l’empire du milieu, notamment dans le domaine de la technologie, et sa volonté de lutter contre les monopoles, alors que dans le même temps, le président chinois Xi Jinping entend s’attaquer aux revenus excessifs pour œuvrer à la « prospérité commune ».

De quoi pénaliser les ménages chinois les plus aisés qui sont devenus les plus gros consommateurs de produits de luxe. Les valeurs du luxe comme LVMH, Kering et Hermès ont nettement accusé le coup en perdant près de 10% de leur valeur en l’espace de seulement deux séances. Et comme elles ont une pondération proche de 25% dans le CAC 40, il n’est pas surprenant que l’indice parisien se retrouve soudainement mis à mal en refluant sous les 6600 points.

Resserrement de la politique monétaire américaine

Le deuxième sujet de préoccupation des marchés réside dans la probabilité de plus en plus importante d’un resserrement de la politique monétaire américaine dès la rentrée. La publication des « minutes » de la Fed hier soir (il s’agit du compte rendu des discussions ayant animé la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine) montre que plusieurs de ses membres souhaitent un retrait des mesures monétaires accommodantes (via les achats d’actifs à hauteur de 120 milliards de dollars par mois), maintenant que l’économie américaine se porte beaucoup mieux et que l’inflation fait un retour en force.

Or, ces dernières années, les injections de liquidités ont largement contribué à la hausse des indices boursiers. Un arrêt des rachats d’actifs par la Fed ferait perdre aux marchés l’un de leurs principaux catalyseurs. Il faudra sans doute attendre le symposium de Jackson Hole (Wyoming), qui se tiendra du 26 au 28 août, pour en savoir plus sur les intentions de Jerome Powell, le patron de la Fed.

Pas en territoire baissier

Les marchés ne sont pas pour autant entrés en territoire baissier. Ils venaient de connaitre une hausse quasi-ininterrompue depuis le mois de novembre et la découverte du premier vaccin contre la Covid-19 (+40% entre le 4 novembre et le 13 août). Une correction à partir des récents records n’a, à ce stade, rien de surprenant et pourrait même constituer une occasion de se positionner à bon compte. Car les fondamentaux économiques se sont nettement améliorés et les résultats des entreprises au premier semestre ont dépassé toutes les attentes, donnant lieu à de nombreuses révisions en hausse des anticipations de profits de la part des analystes financiers. De sorte que les niveaux de valorisation n’ont rien d’excessif, le CAC 40 capitalisant en moyenne seulement 16,5 fois les bénéfices attendus en 2022.

Dans quelle proportion interviendra la normalisation de la politique monétaire de la Fed et jusqu’où la Chine souhaitera aller pour la prospérité commune? C’est de la réponse à ces deux questions que dépendra le comportement des indices à la rentrée !