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Le CAC 40 au plus haut historique !

Vingt et un ans après l’éclatement de la bulle internet, l’indice CAC 40 établit un nouveau record.

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Il aura fallu près de vingt-et-un ans pour que l’indice CAC 40 dépasse le sommet de 6 922,33 points atteint à la clôture de la séance du 4 septembre 2000. Entre temps, la physionomie de l’indice phare de la Bourse de Paris a bien changé. Exit des valeurs comme Alcatel, AGF, Equant ou Thomson Multimédia… A l’inverse, le secteur du luxe est monté en puissance, avec l’arrivée de Kering et Hermès, jusqu’à avoir une pondération proche de 23 % dans l’indice aujourd’hui. En fait, si l’on intégrait les dividendes versés par les sociétés, comme c’est le cas pour les indices américains ou même le DAX allemand, l’indice parisien aurait depuis longtemps renoué avec les niveaux de 2000. La différence est significative quand on sait, par exemple, que sur les dix dernières années, l’indice CAC 40 avec les dividendes réinvestis a bondi de 210 %, contre 118 % pour le CAC 40 normal.

Plusieurs catalyseurs à l’œuvre

Toujours est-il que l’indice de référence, sans les dividendes, affiche désormais un gain de près de 25 % depuis le début de l’année, après une accélération au cours des derniers jours. Comment expliquer un tel parcours alors que l’activité économique n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire dans de nombreux pays ? Il y a d’abord le net regain de dynamisme permis par le succès des campagnes de vaccination dans les pays les plus actifs sur le plan économique, comme les Etats-Unis ou la Chine. Outre-Atlantique, l’activité frôle même la surchauffe et elle devrait rester soutenue grâce aux nombreux plans de relance et d’investissements promis par le nouveau président, Joe Biden.

Le deuxième moteur de la hausse des actions réside dans la politique monétaire toujours très accommodante des banques centrales. Même si la Réserve Fédérale américaine va progressivement réduire ses injections de liquidités (120 milliards de dollars par mois aux Etats-Unis actuellement), il n’est toujours pas question de remonter les taux directeurs à très court terme. Quant à la BCE, elle préfère temporiser malgré des poussées inflationnistes qui restent toutefois mieux contenues qu’outre-Atlantique.  

Enfin, si les indices ont franchi de nouveaux paliers ces derniers jours, c’est parce que les entreprises ont globalement publié d’excellents résultats sur les neuf premiers mois de l’année, la plupart ayant relevé leurs estimations de bénéfices pour 2021. Pour beaucoup, la crise n’est plus qu’un lointain souvenir et les niveaux de résultats de 2019 sont déjà dépassés. Il existe toutefois des exceptions comme l’automobile, victime des pénuries de composants électroniques. En conséquence, le consensus des analystes financiers ne cesse d’être révisé à la hausse, si bien que la croissance des profits pour les sociétés du CAC 40 devrait approcher 100 % cette année. De quoi relativiser la progression des cours de Bourse qui ne fait que s’ajuster aux anticipations de bénéfices. Le multiple de capitalisation (PER) du CAC 40 n’apparaît donc pas exagéré à 17,1 fois les profits attendus cette année et 16 fois ceux anticipés pour l’an prochain.

La Fed, arbitre du jeu

Reste que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Le principal élément à surveiller dans les prochains mois sera l’attitude de la Réserve fédérale américaine. Celle-ci dépendra du taux de chômage, ainsi que du niveau d’inflation toujours élevé (5,4 % en septembre), mais considéré comme temporaire par le patron de la Fed, Jerome Powell. Tout dérapage incontrôlé de l’inflation amènerait la Fed à durcir sa position en termes d’ injections de liquidités et de taux directeurs. Dans quelle proportion interviendra la normalisation de la politique monétaire de la Fed ? C’est de la réponse à cette question que dépendra le comportement des indices !