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Le CAC 40 franchit les 7000 points pour la première fois !

Le précédent record de septembre 2000 est battu. La tendance restera-t-elle favorable pour le CAC 40 ? Il est en tout cas permis d’être optimiste.

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Après le franchissement du plafond de verre constitué par le précédent record historique de 6944 points sur le CAC 40 le 4 septembre 2000, un autre seuil très symbolique a été dépassé : celui des 7000 points. En quelques semaines, l’ambiance sur les marchés a considérablement évolué malgré la persistance de risques majeurs comme l’inflation ou la recrudescence de la pandémie dans plusieurs pays.

La principale inquiétude concernait l’attitude des banques centrales face au dérapage des prix provoqué par le choc de la demande au sortir de la crise sanitaire. Un phénomène bien réel et qui persiste puisque l’inflation aux États-Unis au mois de septembre a encore atteint 5,4% en rythme annuel. Mais les grands argentiers vont prendre leur temps pour normaliser leur politique monétaire. La réserve fédérale américaine, qui dévoilait sa stratégie mercredi 3 novembre, va ainsi se contenter dans un premier temps de réduire ses achats d’actifs de 15 milliards de dollars par mois par rapport à un rythme actuel de 120 milliards. Et elle n’entend pas relever ses taux d’intérêt à court terme.

Au même moment, Christine Lagarde, la patronne de la BCE se montrait encore plus conciliante en déclarant que les perspectives d’inflations à moyen terme restent faibles et qu’un durcissement de la politique monétaire n’est pas souhaitable à un moment où le pouvoir d’achat est comprimé par la hausse des factures d’énergie et de carburant. Pas question donc de réduire les achats d’actifs ni de remonter les taux. Message reçu cinq sur cinq par les marchés qui se disent que l’argent va continuer de couler à flot pendant plusieurs mois. Les rendements des emprunts d’État à 10 ans ont ainsi observé une détente des deux côtés de l’atlantique, tandis que les indices boursiers mondiaux ont battu de nouveaux records.

Jusqu’à quand la fête peut-elle durer ?

Cela dépendra des tendances inflationnistes. Plus elles s’intensifieront et se prolongeront et plus les banques centrales auront tendance à durcir leur position et inversement. Mais il existe un deuxième paramètre majeur susceptible d’entretenir le mouvement haussier des actions : les résultats d’entreprises. Et sur ce plan, les performances du troisième trimestre ont une nouvelle fois permis de se rassurer à quelques exceptions près. La plupart des entreprises ont en effet réussi à s’adapter aux goulets d’étranglement et aux pénuries de composants, certaines se permettant même de relever leurs objectifs annuels, à l’image d’Airbus, Legrand, Publicis, Sanofi, Dassault Systèmes…Parmi les secteurs en forme, celui des banques se démarque particulièrement. La Société Générale vient ainsi de publier les meilleurs résultats trimestriels de son histoire ! Même les secteurs les plus malmenés par la crise sanitaire redressent la tête comme en témoigne le retour à un résultat d’exploitation positif au troisième trimestre pour la compagnie Air France-KLM.

Au final, les profits des entreprises du CAC 40 pourraient doubler cette année et ce phénomène peut à lui seul justifier la hausse de 25% de l’indice parisien depuis le début de cette année. Qu’en sera-t-il pour l’an prochain ? Le consensus des analystes financiers reste à ce stade assez prudent puisqu’il prévoit une croissance moyenne de 6,7% des bénéfices. Il ne faut pas exclure un scénario plus optimiste, surtout si les problèmes de pénuries de composants diminuent progressivement.

Reste que plus la situation économique s’améliore et moins les banques centrales auront besoin de la soutenir. Un resserrement monétaire parait inévitable mais il ne constitue pas forcément un obstacle pour les actions s’il est bien ordonné et si les résultats des entreprises sont au rendez-vous. Pour l’heure, avec un rendement proche de 2,5% servi par les dividendes, les actions conservent un avantage certain par rapport aux obligations.