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« Nous avons sécurisé une grande partie de nos approvisionnements »

Proche de ses records historiques en bourse, ce créateur de parfums sous licence sort renforcé de la crise sanitaire et affiche une forte visibilité sur ses perspectives grâce à ses licences à succès et la montée en puissance de celle de Moncler. Son directeur général délégué, Philippe Santi, fait le point.

Philippe Santi, directeur général délégué d’Interparfums

Vous prévoyez une croissance d’environ 40% de votre chiffre d’affaires cette année. Comment l’expliquez-vous ? Quelles sont les principales caractéristiques du marché du parfum?

Philippe Santi : Depuis le début de l’année, et même la fin de l’année passée, certains marchés sont extrêmement dynamiques, à commencer par les États-Unis où nous enregistrons une croissance supérieure à 40%. Nos marques phares, Coach, Montblanc et Jimmy Choo progressent fortement et les lancements en 2021 sur ces deux dernières marques rencontrent un grand succès. L’Asie renoue également avec la croissance, grâce, notamment, à la Chine.

Dans quelle mesure Interparfums est-il concerné par les tensions sur la chaîne d’approvisionnement et comment gérez-vous ce phénomène ?

P.S : Les tensions sur la chaîne d’approvisionnement, importantes depuis plusieurs mois, ont perturbé et perturbent encore les livraisons clients. Mais nos équipes sont agiles et nous ont permis de minimiser nos problèmes. Ces tensions devraient perdurer début 2022 mais nous avons sécurisé une grande partie de nos approvisionnements.

Comment se passe le lancement de la première ligne de parfums sous la licence Moncler et quel est son potentiel? Quelles sont les autres initiatives prévues pour 2022 ?

P.S : La première ligne de parfums pour la marque Moncler a débuté en octobre avec un pré-lancement dans une cinquantaine de boutiques de la marque, 5 en France et 150 points de vente sélectifs dans le Monde. Le lancement, proprement dit, interviendra au 1er trimestre 2022 et nous disposerons d’environ 3000 points de vente en fin d’année. Son potentiel nous semble important, mais nous aurons également d’autres initiatives majeures, notamment sous les marques Coach, Boucheron, Jimmy Choo et Montblanc.

Comment se présente l’exercice 2022 en termes de chiffre d’affaires et de rentabilité ?

P.S : L’année 2022 se présente bien avec un objectif de chiffres d’affaires compris entre 560 et 570 millions d’euros, soit une croissance de près de 8% par rapport à 2021, et une marge opérationnelle autour de 15%. Le poste de dépenses « Marketing et publicité » sera important car notre programme de lancements et le support des lignes existantes le sont tout autant.

Après la récente acquisition du siège social, rue Solférino à Paris, Interparfums dispose encore d’une trésorerie nette de près de 150 millions d’euros. Envisagez-vous d’autres investissements ? Dans quels domaines ?

P.S : Si nous disposons toujours d’une trésorerie nette importante c’est pour profiter de toute opportunité de croissance externe, soit pour l’acquisition d’une (ou plusieurs) marques, soit pour la signature d’un contrat de licence disposant déjà d’une activité parfum, qui nécessiterait, dans les deux cas, d’une sortie de cash. Nous sommes à l’écoute sur des sujets qui resteront toujours dans notre domaine, celui des parfums et cosmétiques.

Vous venez d’obtenir le décalage de deux ans de l’option de rachat des marques Lanvin en classe 3 détenue par la société Jeanne Lanvin. Quel est l’objectif et quels sont les scénarios possibles pour cette marque ?

P.S : Je ne dirais pas que nous avons obtenu le décalage de l’option de rachat mais plutôt que c’est à sa demande que nous avons concédé à la société Jeanne Lanvin la licence maquillage et cosmétiques, et ce, en contrepartie d’un décalage de deux ans de leur option de rachat.  La maison Lanvin est une marque forte et stratégique de notre portefeuille, mais la date de juillet 2027 me semble pour le moment un peu trop éloignée pour pouvoir envisager dès à présent les scenarios possibles.