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TotalEnergies : d’importants investisseurs contestent la stratégie climatique

Plusieurs grands noms de l’investissement ont publiquement critiqué la position de TotalEnergies sur le climat. Ce qui ne devrait cependant avoir que peu d’effets sur le vote du mercredi 25 mai.

TotalEnergies
Une usine pétrochimique de Total, à Anvers, en Belgique. Crédit: iStock.

L’assemblée générale de TotalEnergies a dû se dérouler en petit comité, mercredi 25 mai, en raison de la présence de quelques centaines de manifestants. Au slogan de « Total, assassin ! », ceux-ci étaient venus dénoncer notamment la politique du groupe en matière environnementale. Une contestation qui n’existe pas que dans la rue. En interne, une partie des actionnaires critique sévèrement le plan Climat présenté par l’entreprise, qu’ils jugent loin d’être assez ambitieux. Onze d’entre eux avaient même saisi l’Autorité des marchés financiers (AMF), qui s’est déclarée incompétente en la matière.

Une faible part du capital de TotalEnergies

Parmi ces investisseurs, on retrouve des acteurs importants, relève BFMTV. La fronde, principalement portée par OFI AM (détenu par Macif et Matmut) et Meeschaert Amilton AM, a été rejointe par d’importants groupes de gestion d’actifs : MN, Edmond de Rothschild Asset Management, La Financière de l’Échiquier, Mandarine Gestion, Sycomore AM, ainsi que plusieurs filiales du Crédit Mutuel. La directrice RSE de la banque a déclaré qu’elle « attend des efforts plus importants sur l’exploration », qui ne respecte « pas l’Accord de Paris ». Le groupe votera pour la première fois contre le plan Climat de l’entreprise. Parmi les principaux griefs des actionnaires, une stratégie d’investissement toujours importante dans le domaine des hydrocarbures, ou le flou entretenu sur les objectifs de réduction d’émissions de CO2 d’ici 2030.

La portée de cette contestation est cependant à relativiser. Le dernier plan Climat avait été adopté par plus de 90 % des actionnaires. De plus, les fonds qui contestent cette stratégie ne représentent qu’une petite part du capital de TotalEnergies, 0,33%, selon un porte-parole. Il n’empêche que leur voix porte, ce qui risque d’écorner l’image de l’entreprise. Les conséquences pourraient être plus lourdes si la question s’invitait sur le terrain politique. Ainsi, le président de l’AMF avait jugé « qu’une intervention du législateur dans ce domaine serait bienvenue ».