Se connecter S’abonner

Marchés boursiers : un été de tous les dangers

Inflation record, ralentissement économique voire récession, remontée massive des taux… les marchés font face à de nombreux vents contraires. Malgré des perspectives plus difficiles, des opportunités existent.

ETF

La correction a déjà été brutale sur les marchés. La plupart des grands indices actions ont perdu entre 20 et 30% de leur valeur en seulement quelques mois ! Le CAC 40, qui rassemble les plus grandes sociétés cotées françaises, baisse de près de 18% depuis le début de l’année. Même constat pour son homologue européen, l’Eurostoxx 50 qui se repli d’environ 20% sur les six premiers mois de l’année. La chute a encore été plus rude aux Etats-Unis, notamment sur les valeurs technologiques. Le Nasdaq décroche sur la période de 30% ! La douche froide ne s’est pas cantonnée aux actions. Les obligations ont elles aussi subi une correction massive. Depuis son plus haut, le 30 ans américain a décroché de 35% à fin mai selon Pictet. L’indice européen sur les obligations d’entreprises de bonne qualité a quant à lui perdu 13% depuis janvier. Le marché obligataire a été particulièrement malmené. A tel point que les professionnels parlent de krach !

Un durcissement monétaire

Cette déroute s’explique évidemment par le contexte économique. L’inflation a atteint des niveaux records depuis des décennies. A fin mai sur un an, la hausse des prix à la consommation s’élève à 8,1% en zone euro et à 8,6% aux Etats-Unis. Des chiffres qui, chaque mois, ne cessent d’augmenter. Pour enrayer ce phénomène, les banquiers centraux ont décidé d’agir massivement. Pour la troisième fois cette année, la Réserve fédérale américaine (FED) a ainsi relevé son taux directeur. En juin, elle l’a même augmenté massivement de 75 points de base, une première depuis 1994. La Banque centrale européenne (BCE) va suivre le mouvement dès le mois de juillet. Un durcissement monétaire qui tombe mal. La guerre en Ukraine et les blocages en Chine en raison toujours de l’épidémie de Covid-19 vont déjà peser lourd sur la croissance économique.

Une poursuite de la baisse

Les perspectives sur les marchés ne devraient donc pas s’améliorer cet été. « Le potentiel de baisse reste encore très élevé, la prudence reste de mise », prévient Jean-Marc Delfieux, responsable de la gestion obligataire de Tikehau Capital. Pour le moment les épargnants perdent tant sur les actions que les obligations.  Mais les professionnels s’accordent à dire que les fonds obligataires pourraient redevenir attractifs. Dès le mois de septembre, le cash devrait être mieux rémunéré. La hausse des taux va doper les rendements obligataires. Mais il faudra toujours privilégier les expositions très courtes et éviter de prendre trop de risque. Les taux de défaut des entreprises devraient remonter, surtout si le ralentissement économique se transforme en récession.

Des valorisations plus attractives

Du côté des actions, même constat. Montrez vous très sélectif. Les analystes sont encore trop optimistes sur les perspectives bénéficiaires des entreprises cotées. Des mauvaises surprises sont donc à attendre. Il faut privilégier celles qui peuvent résister au cycle inflationniste et à une moindre croissance. Les secteurs défensifs comme ceux de la santé ou des services aux collectivités restent étudiés par les gérants. Les sociétés dites décotées (de l’énergie ou encore des banques) sont également privilégiées … A l’inverse, d’autres professionnels continuent de parier sur les valeurs de qualité qui peuvent faire face à une récession. D’autant que la correction sur les marchés offre désormais des points d’entrée plus intéressant en termes de valorisation.