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Des perspectives encourageantes en soutien des marchés

La période des résultats semestriels est toujours un événement majeur pour les marchés, mais elle l’était particulièrement cette année.

inflation
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Les indicateurs macroéconomiques montrent les uns après les autres que l’économie mondiale ralentit, et que le scénario d’une récession des deux côtés de l’Atlantique n’est pas à écarter. Dans ce contexte, l’attention des marchés était forte non seulement sur l’état des comptes à mi-année mais surtout sur la teneur des discours des groupes pour la seconde partie de l’exercice. Or la plupart ont fait preuve d’une grande confiance, et ils ont même été nombreux à relever leurs prévisions annuelles. Dans cette catégorie, on retrouve un panel d’entreprises très diversifiées tels que Dassault Systèmes, Edenred, Thales, Publicis, Sanofi, Safran ou encore Schneider Electric. Et cette liste est loin d’être exhaustive. A l’opposé, les déceptions se sont avérées rares, et elles ont concerné des valeurs moyennes comme Scor, Seb ou Somfy.

Signes de ralentissement

A la grande surprise des investisseurs, les sociétés n’ont pas fait état de signes de ralentissement de leur marché. Des carnets de commandes pleins, l’impact de l’appréciation du dollar par rapport à l’euro (qui avantage ceux qui produisent en euro et qui exportent dans la devise américaine) et les effets des plans de relance expliquent en partie ce décalage avec leurs anticipations. Mais il est peu probable qu’elles puissent s’affranchir pour la majorité d’entre elles de la conjoncture mondiale qui s’assombrit. L’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages, et sur leurs dépenses discrétionnaires, la persistance de la crise énergétique, qui pourrait atteindre son apogée avec la fin définitive de l’approvisionnement en gaz russe, et les difficultés persistantes à se procurer certains matériaux, voire à recruter, devraient peser sur leur activité.

Il faudra néanmoins attendre la publication cet automne des performances du troisième trimestre pour enregistrer peut-être les premières révisions de résultats. En attendant, ces perspectives toujours attrayantes pour les cadors de la cote ont permis de soutenir les marchés, à un moment où les banques centrales ont accéléré leur politique de resserrement monétaire pour contrer une inflation élevée, qu’elles n’arrivent toujours pas à maitriser. Le CAC 40 s’est ainsi adjugé près de 7% sur un mois ramenant sa perte à 10% depuis le début de l’année. Dans ce marché « entre deux eaux », qui oscille entre la crainte de la récession et les perspectives de croissance bénéficiaire des groupes, la sélectivité reste de mise.