Se connecter S’abonner

Les entreprises françaises ont versé des dividendes record en 2022

Quelque 44 milliards d’euros de dividendes ont été versés par les entreprises françaises à leurs actionnaires au deuxième trimestre 2022.

dividendes
Crédit iStock.

En pleine crise du pouvoir d’achat, le chiffre risque d’enflammer le débat politique. Le niveau des dividendes versé aux actionnaires des entreprises françaises a atteint un niveau record au deuxième trimestre, selon les données collectées par le gérant d’actifs Janus Henderson et rapportées par Les Échos. Ce sont 44 milliards d’euros qui ont ainsi été perçus rien que dans l’Hexagone, soit environ 8 % du montant total dans le monde, chiffré à 544,8 milliards de dollars. Si à l’échelle internationale, le montant des dividendes versés est en nette augmentation de 11,3 %, les sommes versées en France ont connu une hausse de 33 % sur un an.

Des dividendes dopés par la reprise mais…

« Des dividendes élevés reflètent des entreprises en pleine forme », se réjouit auprès des Échos Ben Lofthouse, du gérant Janus Henderson. Parmi les plus gros pourvoyeurs français, on retrouve BNP Paribas avec 4,8 milliards de dollars versés, puis Sanofi (4,4 milliards de dollars), Axa (3,8 milliards de dollars) et LVMH (3,7 milliards). Tous les quatre font partie du top 20 européen en la matière.

Ce chiffre tombe en plein débat sur l’encadrement des superprofits et alors que les Français subissent la hausse du coût de la vie. Il est cependant à relativiser. D’abord, parce que les entreprises européennes versent traditionnellement en une seule fois leurs profits de l’année précédente au second semestre. Cela peut donner une fausse idée de la part qu’ils représentent à l’échelle mondiale. Mais surtout, il s’agit donc là de la traduction des profits réalisés en sortie de crise sanitaire. 2021 a été marquée par une croissance très importante et donc des profits en hausse, mais en rattrapage d’une année 2020 souvent catastrophique.

Cette éclaircie semble avoir atteint son paroxysme sur cet exercice. Mais les nuages s’annoncent désormais. La crise énergétique actuelle risque de pénaliser les groupes. « Nous nous attendons à ce que la croissance des dividendes ralentisse, mais sans chute brutale », tempère cependant Ben Lofthouse. Il évoque notamment une compensation par la reprise attendue des versements en Chine, particulièrement ébranlée par sa politique « Zéro Covid ».