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« Les ETF thématiques durables : un outil puissant au service du financement de la transition énergétique »

Par Julien Valarcher, directeur vente ETF France & Monaco chez Invesco.

Julien Valarcher, directeur vente ETF France & Monaco chez Invesco

Dans un monde en constante mutation, les ETF thématiques apparaissent plus que jamais comme des outils indispensables pour investir sur les tendances qui façonneront le monde de demain. En plein essor depuis plusieurs années, ces supports devraient continuer à se développer en 2023 pour proposer toujours plus de choix d’expositions thématiques, et soutenir le développement de filières porteuses et indispensables pour répondre aux enjeux actuels, notamment en matière d’énergies propres.

Des ETF thématiques pour investir dans des secteurs prioritaires

L’émergence de nouveaux défis sociétaux, environnementaux, ou encore d’innovation technologique ou scientifique, constituent autant d’opportunités pour les investisseurs que de thèmes d’investissement à intégrer dans leur allocation d’actifs. Et ces derniers ne manquent pas ! Crypto-monnaies, climat, métavers… les tendances porteuses sont nombreuses.
L’offre foisonnante d’ETF thématiques apparue ces dernières années en est une illustration. Ils permettent, en effet, de bénéficier du potentiel de croissance des entreprises positionnées sur les sujets structurants pour notre économie future, et ce, quel que soit le lieu de domiciliation d’une entreprise ou le secteur dont elles relèvent, tout en réduisant le risque de concentration lié aux investissements dans des entreprises individuelles.
Cependant, toutes ces tendances de fond, aussi structurantes soient-elles, ne présentent pas le même caractère d’urgence.
Parmi les nombreux défis qui s’annoncent, la décarbonation de notre mix énergétique est certainement une priorité, comme l’ont acté les 193 signataires de l’accord de Paris sur le changement climatique. Ceux-ci se sont engagés à prendre des mesures décisives en faveur des énergies propres pour décarboner l’économie tout en améliorant l’efficacité énergétique, dans le but de réduire de 90 % les émissions de CO2 d’ici 2050.
Dans cette optique, les énergies solaire et éolienne fourniront la majeure partie de l’électricité mondiale, y compris les besoins supplémentaires pour recharger les véhicules électriques et produire de l’hydrogène vert, essentiel à la décarbonation de l’économie. En tout cas, si nous nous en donnons les moyens.

Les énergies propres : une tendance d‘investissement phare…

Ce n’est pas un hasard si les énergies propres se sont imposées comme un des thèmes d’investissement majeurs de ces dernières années. Ce secteur représente de formidables opportunités pour les entreprises concernées par la transition – et pour les investisseurs.
À l’heure actuelle, plus de 80 ETF dans le monde offrent une exposition aux énergies propres au sens large ou à un type d’énergie renouvelable particulier, comme le solaire ou l’éolien . Les investisseurs, convaincus par le potentiel de croissance à long terme des entreprises engagées dans la transition vers des sources d’énergie plus respectueuses de l’environnement, ne s’y sont pas trompés en y consacrant plus de 24 milliards de dollars de nouveaux actifs nets depuis début 2020 . Et ce, à juste titre, si on considère que, contrairement au « boom des énergies propres » intervenu au début du siècle, la conjoncture y est désormais favorable, entre un engagement mondial généralisé et des fondamentaux économiques qui tournent en faveur de la transition vers les énergies propres.
Même si les récents événements ont quelque peu refroidi la dynamique des solutions à énergie propre, l’objectif d’une économie neutre en carbone reste inchangé. Les perturbations des approvisionnements dues au conflit Russie-Ukraine ont notamment prouvé à quel point il est risqué de dépendre si lourdement d’un pays étranger pour l’énergie, en particulier lorsque les prix sont si volatiles et influencés par le contexte géopolitique.

…pour des besoins conséquents

Il reste encore beaucoup de chemin à faire. Concernant l’éolien, les données du Global Wind Energy Council montrent que les 93,6 gigawatts (GW) créés l’an dernier portent la capacité éolienne mondiale à un total de 837 GW. Pour donner une idée de l’ordre de grandeur, rappelons que l’International Renewable Energy Agency et l’Agence internationale de l’énergie estiment à plus de 8 000 GW la capacité éolienne nécessaire d’ici 2050 pour atteindre la neutralité carbone. Avec une telle capacité, elle devrait générer plus d’électricité en 2050 que toute autre source d’énergie.
Pourtant, à titre d’exemple, l’UE ne totalise que 18,1 GW de la capacité créée en 2021, et a échoué à atteindre les 32 GW annuels nécessaires entre aujourd’hui et 2030 pour respecter les objectifs de 2050.
De la même façon, dans le scenario « net zéro » pour 2050, l’approvisionnement en hydrogène bas-carbone devrait atteindre les 47 millions de tonnes en 2030 (dont 45 % pour l’hydrogène bleu et 55 % pour l’hydrogène vert) pour presque décupler à 445 millions de tonnes en 2050, les deux tiers étant produits à partir d’hydrogène vert.
L’énergie solaire quant à elle est en passe de prendre un poids important dans le mix énergétique et selon L’Agence internationale de l’énergie (AIE) de s’imposer comme la première source de production d’électricité. L’AIE envisage plusieurs scénarios pour évaluer le futur de la croissance du secteur, dans le scénario STEPS le plus pessimiste, l’AIE s’attend à ce que l’énergie solaire photovoltaïque établisse de nouveaux records de déploiement chaque année jusqu’en 2030 et une croissance annuelle moyenne de 12% par an jusqu’en 2030.

Vitesse supérieure

De toute évidence, il faudra passer la vitesse supérieure pour parvenir aux étapes clés de 2030 et atteindre la neutralité carbone en 2050. Non seulement l’éolien et le solaire sont les clés d’une électricité plus verte, mais il sera également capital pour générer de l’hydrogène vert, lequel est indispensable pour la décarbonation de nombreux secteurs comme l’aviation, le transport, l’industrie de l’acier et du béton, et le chauffage industriel. Bloomberg NEF estime d’ailleurs que l’hydrogène pourrait satisfaire jusqu’à 24 % de la demande mondiale d’ici 2050.
Conclusion : face à l’ampleur du défi à relever pour décarboner notre mix énergétique dans un délai acceptable pour notre planète, les ETF thématiques représentent un outil de poids pour flécher les investissements en faveur de la transition énergétique. En s’appuyant sur des créateurs d’indices pionniers sur les actions du secteur des énergies propres comme WilderHill, ils permettent de bénéficier des compétences des experts en climatologie, technologie ou encore sciences politiques de façon à cibler les entreprises les plus prometteuses de la filière et à capitaliser sur les opportunités qu’elles représentent.