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La Bourse de Paris cale en dépit des annonces de la BCE

Alors que la réunion de la BCE était très attendue, les annonces qui en ont découlé, pourtant supérieures aux prévisions, n’ont pas réussi à sortir le marché de sa torpeur. Le CAC 40 s’est finalement légèrement replié, de 0,21%, pour clôturer à 5.011,98 points. La sévérité de la récession en cours va-t-elle prendre le dessus sur les espoirs d’une reprise rapide ?

Le CAC 40 a fait une pause aujourd’hui, clôturant la séance sur un léger repli de 0,21%, à 5.011,98 points, sous l’effet de légères prises de bénéfices.

La BCE, dont la réunion était particulièrement attendue, a pourtant agréablement surpris. Elle a renforcé et prolongé ses mesures de soutien à l’économie de la zone euro. Son programme PEPP de rachat de dette publique et privée, initialement doté de 750 milliards d’euros, a été augmenté de 600 milliards d’euros, et prolongé de six mois jusqu’à fin juin 2021.

Esty Dwek, responsable des stratégies de marché de Natixis Investment Managers Solutions le confirme : « la BCE a agi encore plus que prévu, tant par l’ampleur de l’ajout au PEPP que par la prolongation du programme jusqu’en juin 2021. Une majoration de 500 milliards d’euros était attendue et 600 milliards d’euros ont été annoncés. Et la prolongation était elle aussi attendue, mais pas nécessairement lors de la réunion d’aujourd’hui ».

La banque centrale a donc frappé un grand coup. « Mme Lagarde a repris une astuce de la Fed : « agir plus et plus tôt » pour montrer aux marchés qu’il ne faut pas lutter contre le pouvoir de la banque centrale. Elle permet également à la Banque centrale d’agir comme un soutien pour les spreads périphériques et pour le crédit », ajoute Mme Dwek.

Une récession sévère en zone euro

Si les marchés ont semblé rester insensibles, c’est que la réponse monétaire par sa force vient rappeler l’ampleur de la crise. La BCE s’attend à une lourde récession en zone euro cette année, suivie d’un rebond plus progressif, – elle table sur une baisse de 8,7% du PIB en 2020, avant un rebond de 5,2% en 2021 et de 3,3% en 2022 -, tandis que l’inflation – attendue à 0,3% en 2020, et 0,8% en 2021 -, restera loin de son objectif au moins jusqu’en 2022.

De l’autre côté de l’Atlantique, les nouvelles sont aussi mauvaises : le nombre de nouveaux demandeurs d’allocation chômage a atteint un peu plus de 1,87 million la semaine dernière. Ce qui porte à 43 millions le nombre d’américains qui se sont inscrits au chômage en deux mois et demi.  

La reprise s’annonce longue. Les marchés devront tôt ou tard en tenir compte.

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Du côté des valeurs, Rémy Cointreau s’est adjugé 11,27%. Le groupe de spiritueux a publié des résultats pour son exercice 2019/2020 en baisse, pénalisés entre autres par la crise sanitaire, mais il a légèrement relevé ses prévisions de chiffre d’affaires pour le premier trimestre, et s’attend à une reprise de l’activité au second semestre portée par la Chine et les Etats-Unis.

LVMH a cédé 0,86%. Alors que des rumeurs prêtaient au groupe de luxe l’intention de renoncer à acquérir Tiffany, il a annoncé ne pas avoir l’intention d’acheter des titres sur le marché, alors que l’action du joaillier américain s’échange en-dessous du prix de son offre.