Les Français toujours adeptes de l’endettement

Le niveau d’emprunt des ménages et des entreprises non financières a augmenté de près de cinq points sur un an pour atteindre des niveaux records.

Les ménages français sont toujours accros à la dette. Crédit : ©Istock

Les ménages français sont toujours accros à la dette. Selon les dernières données publiées par la Banque de France, l’endettement des sociétés privées non financières et des ménages à l’intérieur du pays représente 133,2% du PIB au premier trimestre de l’année, soit une augmentation de 4,7 points sur un an.

Une tendance qui ne s’observe que dans un seul autre pays de l’Union européenne : l’Allemagne. Pour les trois premiers mois de l’année, l’endettement des ménages et sociétés outre-Rhin représente 92,4% du PIB contre 89,6% au premier trimestre 2018, soit une augmentation de 2,8 points.

Tendance inverse en Europe

Les deux plus grandes économies de la zone euro affichent ainsi des taux d’endettement rarement vus. C’est particulièrement vrai pour la France, où les ménages sont ceux qui empruntent le plus parmi les grands pays d’Europe : presque 3 000 milliards d’euros, un record.

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Une tendance qui va à contre-courant des taux d’endettement observés sur le Vieux continent. En Espagne, par exemple, il a chuté de 3,9 points quand il a reculé de 1,8 point au Royaume-Uni et de 0,9 point en Italie. Plus largement, dans la zone euro, l’endettement global a reculé de 0,3 point, à 118,7% du PIB.

Du jamais vu en 70 ans

Cette tendance à l’endettement en France et, dans une moindre mesure, en Allemagne, s’explique notamment par le plongeon des taux sur la planète finance. Une chute dopée par les craintes de récession et la politique des banques centrales qui cherchent à tout prix à relancer la consommation et la croissance. Ces taux bas incitent les ménages à s’endetter : aujourd’hui, il est possible d’obtenir des prêts à 1,2% en moyenne pour acheter un logement, rappellent Les Echos, du jamais vu en 70 ans.

Du côté des entreprises, la tendance est également à l’endettement. En effet, les taux d’intérêt pour les Etats et les sociétés se sont enfoncés en territoire négatif, leur permettant de gagner de l’argent en s’endettant. Par exemple, explique BFMTV, le français Schneider Electric a émis 200 millions d’euros d’obligations à -0,043% sur cinq ans. Autrement dit, l’industriel est rémunéré pour emprunter de l’argent. 

Risque de crise financière

Mais le phénomène inquiète les autorités. Elles cherchent à éviter une coupure trop brutale des robinets à crédits en cas de nouveau retournement économique. Car les hauts niveaux d’endettement font courir un risque de crise financière sur les économies concernées.

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Par ailleurs, les taux négatifs font perdre leur attractivité à des placements financiers sûrs et, selon Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG Management School, “induisent des prises de risque excessives, tant des particuliers que des fonds d’investissement qui cherchent à tout prix du rendement et vont vers des produits plus risqués, c’est un danger”.

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