Chaque semaine, sur Mieuxvivre.fr, les journalistes de La lettre de la Bourse analysent une valeur de la cote parisienne et vous conseillent de l’acheter, de la vendre ou de rester à l’écart du titre. La Lettre de La Bourse est une publication du groupe Valmonde, éditeur du magazine Mieux Vivre Votre Argent.

Y a-t-il un pilote dans l’avion au plus haut sommet de l’Etat ? Comme sur bon nombre de dossiers tel celui des gilets jaunes, le gouvernement Philippe navigue à vue sur le sujet sensible de la privatisation des Aéroports de Paris et fait preuve d’un amateurisme affligeant à ce niveau de responsabilité. Dernier écueil en date, les déclarations contradictoires à quelques minutes d’intervalle de Benjamin Griveaux, pourtant porte-parole du gouvernement, indiquant que l’Etat allait conserver une participation de 20% au tour de table d’ADP (sur un total de 50,6%) avant finalement d’admettre qu’aucune décision n’était encore prise. Une position confirmée le lendemain par le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire. Mais visiblement, selon des sources de presse recueillies au sein même de l’Elysée, tous les candidats à la privatisation d’ADP ne seraient pas les bienvenus. Déjà actionnaire de 8% d’ADP, Vinci serait dans le collimateur du gouvernement. En cause, la mauvaise image véhiculée auprès d’une bonne partie de la classe politique et des Français par ce leader mondial du BTP et des concessions accusé à tort d’avoir profité des largesses de l’Etat avec le rachat au printemps 2006 des autoroutes du sud de la France (ASF).

Un faux procès fait à Vinci

Rappelons qu’ASF a coûté 11,5 milliards d’euros à Vinci qui investit depuis chaque année dans le développement et la maintenance du réseau et que la concession sera rendue à l’Etat fin 2032 sans aucune contrepartie financière pour l’entreprise. Reste qu’au-delà de ce faux procès fait à un groupe gros pourvoyeur d’emplois en France, le gouvernement Philippe se priverait d’un candidat susceptible de valoriser au mieux sa participation de 50,6% dans ADP et d’assurer son développement en France et à l’international face à la concurrence d’autres plateformes aéroportuaires européennes comme Fraport (Frankfurt Airport) en Allemagne.

Rappelons que Vinci a toujours indiqué vouloir prendre le contrôle d’ADP et qu’à, ce titre, il serait contraint de lancer une OPA sur la totalité du capital dont profiteraient bien évidemment les actionnaires minoritaires. En intégrant une prime de contrôle, l’opération pourrait s’élever à 21,8 milliards. Quel autre acteur économique français aurait l’envergure financière suffisante pour racheter ADP ? Aucun à part des fonds d’investissement mais est-ce que l’Etat français prendra le risque de vendre sa participation à des investisseurs financiers encore plus avides que Vinci d’un retour sur capitaux investis élevé. Mais que cela ne tienne. ADP a davantage besoin de Vinci pour se développer que l’inverse. Face à cette cacophonie politique en France, Vinci n’a pas attendu avant de pousser ses pions en-dehors de France et devenir le troisième plus gros acteur mondial de la gestion de plateformes aéroportuaires. Ne vient-il pas en fin d’année dernière de racheter 50% du capital de Gatwick, le deuxième plus gros aéroport britannique derrière Heathrow ?

Le conseil de la rédaction sur ADP

Fort heureusement, le prix de revient de notre position sur ADP de 174,65 euros n’est pas très éloigné des cours actuels et nous devrions pouvoir la déboucler avec un gain même modeste. Raison pour laquelle notre avis sur le titre demeure « plutôt positif » malgré le risque politique important du dossier lié à l’inconséquence du gouvernement (code : FR0010340141)

Frédéric Bériot - Journaliste La Lettre de La Bourse

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Frédéric Bériot - Journaliste La Lettre de La Bourse
Mots-clés : Conseils Bourse

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