Se connecter S’abonner

Cinq pays où vivre à la retraite

Prendre sa retraite ou travailler hors de nos frontières séduit de plus en plus de Français. Le choix du pays est important car vous devez prendre en compte de multiples critères. Dix d’entre eux ont de nombreux atouts. Nous vous les présentons.

retraite

Qui n’a pas rêvé de passer sa retraite au soleil en profitant d’un pouvoir d’achat confortable ? Les cinq pays sélectionnés par Mieux Vivre Votre Argent répondent parfaitement à ce cahier des charges avec, pour certains, un attrait fiscal indéniable. Sans surprise, ils sont tous situés sur le pourtour méditerranéen, à 3 heures tout au plus en avion de la France. Malgré la proximité géographique de ces destinations de rêve – et leur francophilie pour certaines -, les règles et usages en vigueur en matière d’immobilier dans ces pays sont bien différents de ceux rencontrés dans l’Hexagone. Il en va de même pour nombre d’actes de la vie courante et pour les démarches administratives. Il s’agira donc d’emmagasiner un maximum d’informations sur le lieu ciblé et de préparer, des mois ou des années avant, le départ en retraite. Afin de faciliter l’acclimatation et de valider la pertinence de la région d’accueil, il est aussi vivement conseillé de démarrer par une location pendant une ou deux années, quitte à laisser passer des opportunités.

L’Espagne, plurielle et détonante

Dans notre sélection de pays idoines pour passer ses vieux jours, l’Espagne apparaît d’emblée comme une évidence. Pas tant pour des raisons fiscales – hormis en Andalousie où des droits de succession et de donation très bas ont été instaurés il y a deux ans – que pour son climat, sa douceur de vie, sa proximité avec la France, sa richesse culturelle ainsi que le coût de la vie attractif, en moyenne 25% moins cher que dans l’Hexagone. Autre avantage : la communauté française y est nombreuse, en particulier dans les grandes villes ou dans les régions balnéaires. Dans le détail, Barcelone, Madrid et Alicante concentrent à elles trois un peu plus de 46% de ces quelque 150 000 Français présents en Espagne, selon les statistiques officielles. De quoi faciliter l’intégration. En matière de contraintes administratives, notez que les ressortissants français qui s’installent dans le pays doivent demander un titre de séjour, valable cinq ans et renouvelables, dans lequel figure le numéro d’identification d’étranger (NIE) qui permet d’accomplir la plupart des formalités comme les déclarations d’impôts ou l’ouverture d’un compte bancaire.
Où s’installer en Espagne ? La réponse dépend des goûts de chacun. Car le pays regorge de régions à l’identité marquée comme la Catalogne, le Pays basque ou la Galice, par exemple. Si vous recherchez le soleil et un climat doux toute l’année, deux destinations s’imposent : les îles Canaries et l’Andalousie. La Costa del Sol, située quasiment à l’extrême sud de la péninsule, offre de belles conditions pour s’installer, grâce à l’aéroport international de Malaga qui propose de nombreuses liaisons vers la France et aux 300 jours de soleil par an. Avec ses nombreux parcours de golf, ses 23 plages sur 27 kilomètres, sa vie animée et son immobilier de prestige, Marbella attire naturellement les retraités à fort pouvoir d’achat. « Le budget moyen de ces Français s’échelonne en moyenne entre 800 000 euros et 2 millions d’euros, indique Jeremy Lauwers, directeur de BARNES Marbella. A ces prix-là, on peut s’offrir une belle villa d’architecte avec piscine, bien située ». Du côté de Barcelone et de la Costa Brava toute proche de la frontière française, les retraités français sont aussi actifs. Avec un éventail de produits et de prix très large.

Notre avis : De l’autre côté des Pyrénées, les prix immobiliers souffrent en raison de la crise. Privilégiez les quartiers incontournables des grandes villes et les valeurs sûres de la cote, où le bêton n’a pas altéré l’authenticité des lieux.


Le Maroc, pour tous les budgets

Avec ses magnifiques demeures, dont les célèbres riads avec jardin intérieur et toit terrasse, la douceur de son climat, ses paysages époustouflants et son art de vivre entre tradition et modernité, le Maroc a tout pour plaire. « Pour les retraités français, c’est l’opportunité de bénéficier d’un train de vie luxueux à petit prix, ce qui n’est pas possible sur la Côte d’Azur », commente Karim El Baroudi, directeur de Barnes Marrakech. Pour 250 à 300 euros par mois, il est possible de disposer de personnel ». Côté fiscalité, tous les revenus bénéficient d’un abattement de 40%. Toutefois, si les pensions sont perçues sur un compte marocain en dirhams, l’imposition sera réduite de 80%, permettant de substantielles économies par rapport à une retraite en France.

Où s’installer au royaume chérifien ? Les destinations prisées se comptent sur les doigts de la main : Agadir, Essaouira, Fes, Tanger et… Marrakech. Avec son centre authentique, cette dernière ville attire un grand nombre de Français, conquis par son authenticité, sa qualité de vie, ses infrastructures. L’immobilier est abordable : 2000 à 2 500 euros le mètre carré dans le quartier de L’Hivernage, entre la Médina et l’aéroport, où il est possible d’acheter un appartement spacieux pour 200 000 euros ou une maison avec jardin pour 300 000 euros. Les grandes villas contemporaines peuvent grimper à 1 million d’euros ou plus. Mais les biens les plus convoités sont sans nul doute les villas de style mauresque ou de type riad, ce que Karim El Baroudi appelle le « beau marocain ». Ces propriétés cossues se négocient souvent autour de 3 ou 4 millions. Une majorité de retraités français séjourne à Marrakech seulement une partie de l’année, se réservant ainsi la possibilité de louer le logement en saisonnier, ce qui apporte un complément de revenus bienvenu », Avec son offre sportive, nocturne ou gastronomique, la proximité du désert, de l’Atlas et de la mer, la ville offre une panoplie d’activités et de réjouissances insoupçonnées pour une vie à la retraite. De quoi l’envisager sérieusement, en se faisant accompagner par un notaire. Celui-ci saura notamment prévoir la « garantie de retransfert » dans l’acte authentique, permettant de sortir les fonds du Maroc en cas de revente.

Notre avis : Mer, montagne, désert : le royaume chérifien ravira les amateurs de contrastes. Côté villes, Marrakech est une valeur sûre pour les seniors qui souhaitent goûter au Maroc à la fois cosmopolite et authentique. L’immobilier reste abordable.

Le Portugal, toujours en vogue

Changement de décor pour les retraités français qui rêvent de s’installer au Portugal. Alors que le gouvernement portugais avait instauré en 2013 une exonération d’impôt sur les pensions pour les résidents non habituel (RNH), les autorités ont fait machine arrière le 1er avril 2021 en portant à 10% le taux d’imposition pour ces RNH. Mais ce tour de vis n’a pas entamé l’attractivité du Portugal. « Cette modification fiscale était avant tout destinée à clarifier la situation des Français, exposés à des redressements de la part du fisc tricolore », argumente Maria de Magalhaes, gérante du courtier en crédit Cafpi au Portugal. Malgré la crise, cette professionnelle constate d’ailleurs un afflux de demandes : « Au Portugal, l’épidémie a été bien maîtrisée, ce qui a permis une continuité dans l’activité immobilière. » Maria de Magalhaes rappelle qu’il est parfaitement possible, pour des retraités, de financer l’achat d’un bien à crédit : « L’âge limite pour rembourser un prêt se situe à 80 ans ». Attention toutefois à bien se faire accompagner par un avocat quand on achète un logement dans le pays. Car les mauvaises surprises ne sont pas rares, que ce soit sur l’inscription des documents de propriété ou l’évaluation des biens, souvent surestimée pour les étrangers. Pour le reste, le Portugal déploie un charme indéniable et offre des avantages tangibles comme un coût de la vie de 35% inférieur à celui de la France, selon l’OCDE, une ambiance sereine et une grande sécurité. Seul bémol, les prix ont beaucoup monté ces dernières années : de 5 à 10% par an depuis 2013, propulsant le prix au m² moyen à Lisbonne de 2 000 à 3 500 euros environ. César de Brito, qui dirige l’agence immobilière De Brito Properties, constate une appétence des retraités français pour les stations huppées proches de la capitale (Cascais, Estoril), sans oublier Azeitão, une commune du canton de Setúbal, à 40 kilomètres de Lisbonne, un trésor découvert ces dernières années par sa clientèle, qui raffole du parc naturel de Arrábida et de ses criques. « La prochaine destination à la mode ? les territoires ruraux autour de Lisbonne, au début de la région de l’Alentejo, où il est possible d’acheter de très beaux biens à 500 euros le mètre carré », lance César de Brito. Avis aux amateurs.

Notre avis : A la mode ces dernières années, le Portugal pourrait rentrer dans le rang, compte tenu du renchérissement des prix immobiliers. Pour autant, le pays reste un bon choix. Gare à l’isolement en dehors de Lisbonne, Porto et l’Algarve (dans le sud). 

L’Italie : Cinq ans de taxation réduite à condition de vivre dans le sud

Prendre sa retraite en Italie pour y apprécier au quotidien la dolce vita et le farniente est un projet bien séduisant. D’autant plus que depuis le 1er janvier 2019, l’Italie cherche à attirer les retraités étrangers en leur octroyant des conditions fiscales avantageuses. Ces derniers ont en effet droit à une taxation sur leurs revenus limitée à 7% pendant une période de cinq ans à l’issue de laquelle ils seront imposés au barème progressif de l’impôt. Mais attention, les pensions versées par les régimes de retraite obligatoire du secteur privé ou public restent imposables en France. Pour résider en Italie, il vous faudra seulement obtenir un titre de séjour. Quant à votre couverture santé, vous pourrez transférer vos droits à l’assurance maladie en Italie en adhérant au régime de la sécurité sociale du pays. Il est cependant recommandé de souscrire une assurance complémentaire pour accéder aux meilleures cliniques du secteur privé. Si vous souhaitez bénéficier du régime fiscal favorable, ne vous imaginez pas vivre à Rome ou dans les collines de la campagne toscane. Vous devez impérativement vous installer dans une commune de moins de 20 000 habitants, située dans une des huit régions du sud du pays. En font partie les Abruzzes, la Basilicate, la Calabre, la Campanie, le Molise, les Pouilles, la Sardaigne et la Sicile. Les biens à louer dans ces villages et petites villes sont rares à l’exception des stations balnéaires et des îles touristiques où l’on trouve des logements meublés à prix forts. Il faut donc envisager un achat. Vous allez alors être confronté à un problème de budget. Si vous vous laissez séduire par de petites villes un peu assoupies à l’architecture méditerranéenne, vous trouverez de belles maisons anciennes à des prix très abordables (à partir de 150 000 euros et jusqu’à 300 000 euros) mais vous devrez souvent envisager de lourds travaux de rénovation. Si en revanche, vous rêvez de villages balnéaires comme Positano, Amalfi, Sorrente ou Ravello, votre budget devra être conséquent car les prix sont ceux de la Côte d’Azur. Il faut compter 7 000 à 10 000 euros le m2 pour un appartement confortable et vous ne trouverez aucune maison correcte à moins d’un million d’euros.

Notre avis : La fiscalité des retraités est séduisante mais pendant seulement cinq ans et l’obligation de résider dans les petites villes de certaines régions est un frein à l’expatriation.

La Grèce : un statut fiscal séduisant et de belles opportunités d’achat

La Grèce n’est pas seulement le pays de la mer et du soleil comme le vantait une publicité dans le métro parisien. Ce beau pays touché par une crise économique sans précédent devrait, dans les années à venir, être le pays préféré des retraités français. Depuis une loi votée en juillet 2020, un statut fiscal privilégié est en effet réservé aux retraités étrangers qui s’installent en Grèce. Pendant quinze ans, ils bénéficient d’un taux d’imposition de 7 % sur leurs pensions mais également sur tous leurs revenus n’ayant pas leur source en Grèce. La convention fiscale franco-grecque trouvant à s’appliquer, demeureront cependant taxables en France les pensions des anciens fonctionnaires, les revenus fonciers et les plus-values immobilières, l’IFI restant également exigible pour les biens conservés sur notre territoire. Mais pour tous vos revenus, vous échapperez aux cotisations sociales. Le système de santé publique grec ayant été très affecté par la crise, mieux vaut souscrire une assurance qui vous donnera accès aux meilleures cliniques privées du pays.

Quant au choix de votre lieu de résidence, vous êtes libre de vous installer où bon vous semble. Les îles sont tentantes mais il faut savoir que les hivers y sont souvent longs et monotones et les structures médicales assez restreintes. Mieux vaut habiter Athènes et sa banlieue résidentielle. Vous avez tout intérêt à acheter. Selon le fondateur de Demeures de Grèce, Nicolas Mugni « la Grèce reste un eldorado si on compare ses prix avec les autres pays européens ». Ce que confirme Katerina Mitsotaki, du réseau Barnes qui estime qu’on est encore loin des niveaux d’avant crise même si on constate une lente mais constante remontée des prix. Dans un tel contexte, mieux vaut viser les beaux quartiers. Dans le centre-ville, on trouve à Kolonaki, le XVIe athénien, ou à Anaktora, proche du Jardin National, de beaux appartements modernes avec de belles terrasses pour une gamme de prix comprise entre 4 000 euros et 7 000 euros le mètre carré, certains d’entre eux sur les contreforts du mont Lycabette ayant des vues sur l’Acropole et au loin la mer Egée. Pour ceux qui souhaitent aller quotidiennement à pied à la plage tout en pouvant rejoindre le centre de la capitale en une vingtaine de minutes, il faut prospecter, dans la même gamme de prix, Paleao Faliro, Glyfada, Voula et Le Pirée (la ville, pas le port d’où partent des ferrys).

Notre avis : Si ce n’est l’obstacle de la langue, la Grèce a tous les atouts : un climat idéal, une fiscalité douce, un immobilier aux prix modérés et un coût de la vie moins élevé qu’en France.