Emploi des seniors: 40 pistes à l’étude pour améliorer la situation

Un rapport propose des pistes pour améliorer l’emploi des seniors, qui reste en France inférieur à la moyenne européenne.

Le rapport suggère de "définir une stratégie nationale intégrée", "animé par une délégation interministérielle au vieillissement actif". Crédit: iStock.

Multiplier les accords sur la prévention et la pénibilité, renforcer la formation à mi-carrière, faciliter l’accès à la retraite progressive et ouvrir plus largement le cumul emploi retraite: un rapport publié mardi formule une quarantaine de propositions pour améliorer l’emploi des « seniors ».

Sophie Bellon, présidente du conseil d’administration de Sodexo, a remis son rapport mardi à la ministre du Travail, qui tient une réunion sur la pénibilité et les fins de carrière, dans le cadre de la réforme des retraites. Cette dernière prévoit que les Français travaillent plus longtemps.

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Le gouvernement avait indiqué la semaine dernière qu’il présenterait ses pistes « sous 15 jours ». Une autre réunion avec les partenaires sociaux se tiendra la semaine prochaine. Ce rapport, réalisé avec Olivier Mériaux (ancien directeur général adjoint de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) et Jean-Manuel Soussan (Bouygues Construction), avait été commandé fin septembre par le gouvernement.

En France, le taux d’emploi moyen des seniors reste inférieur à la moyenne européenne, et leur situation est difficile sur le marché de l’emploi. « La société dans son ensemble doit se mobiliser pour rendre plus forte la conscience de la valeur de l’expérience », relèvent les auteurs, avec notamment un « rôle majeur » à jouer pour les entreprises. Il faut une « révolution culturelle » tant sur le plan individuel que collectif sur cette question qui « dépasse la réforme des retraites ».

Ils suggèrent de « définir une stratégie nationale intégrée », « animé par une délégation interministérielle au vieillissement actif ». 

Formation continue, retraite progressive…

Plus concrètement, ils proposent une quarantaine de pistes. Sur la politique de prévention et de santé au travail: abaisser les seuils déclenchant l’obligation de négocier un accord sur la prévention, renforcer l’accompagnement des salariés ayant ouvert des droits au titre de la pénibilité pour financer des formations longues de reconversion, ou encore augmenter la part du budget de la branche accidents du travail consacrée à la prévention. 

A mi-carrière, mettre en place un bilan de compétences, et aborder la seconde partie de carrière en entretien professionnel.

Le rapport préconise aussi de « rééquilibrer l’effort de formation continue pour soutenir les transitions vers les secondes carrières », avec par exemple le déplafonnement du compte personnel de formation (CPF) à partir de 45 ans, avec un co-investissement des entreprises. 

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S’agissant de la retraite progressive, un dispositif mal connu (18.150 bénéficiaires en 2018), elle pourrait être étendue aux salariés au « forfait jours », aux professions libérales et aux agents publics.

Pour le cumul emploi-retraite, le rapport préconise que les cotisations sociales prélevées sur les revenus d’activité soient génératrices de droits en cas de cumul emploi et retraite à taux plein, ce qui n’est pas le cas actuellement. 

Pour aménager la fin de carrière, un salarié pourrait aussi demander un « aménagement raisonnable » de l’organisation du travail.  

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