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« Le marché du crédit immobilier est beaucoup moins fluide qu’avant la crise »

Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis Courtage, revient sur les principales tendances en matière de crédit en cette fin d’année. Si l’hypothèse d’un reconfinement n’est pas de nature à améliorer le marché immobilier, « il devrait malgré tout y avoir davantage de souplesse qu’au premier semestre », notamment grâce à la visio et à la signature électronique.

Comment se porte le crédit immobilier en cette fin octobre ?

Ludovic Huzieux : Le secteur reste toujours enfermé dans les recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF). Les banques y dérogent avec parcimonie, dans des proportions raisonnables. Quelques-unes se détendent sur les conditions de crédit, car les dossiers avancés aujourd’hui seront décaissés en 2021. De notre côté, nous observons une baisse de dossiers en volume, l’activité est moins dynamique, mais les niveaux de prospects restent quasiment identiques à ceux de l’année dernière. L’appétit pour l’immobilier est donc toujours là. Cependant, beaucoup de vendeurs n’ont pas encore assimilé qu’il faut arrêter de gonfler les tarifs de 5 voire 10%.

Justement, quelle est la tendance sur le front des prix en Île-de-France ?

Ludovic Huzieux : En région parisienne, l’heure est à la négociation. La rencontre des consentements est difficile en ce moment, le marché est beaucoup moins fluide qu’avant la crise. Le contexte économique et le niveau de confiance des ménages n’aident pas, il est vrai, à la prise de décision. Pour le reste, s’il est beaucoup question de la décision des Franciliens de s’installer au vert en province, aidés par le développement du télétravail, nous ne constatons pas un tel mouvement actuellement. Il y a un fossé entre les déclarations d’intention et le passage à l’acte.

Un reconfinement total vient d’être imposé. De quoi gripper encore davantage le marché ?

Ludovic Huzieux : En mai-juin dernier, le marché a retrouvé son dynamisme. A l’issue du confinement, il y a eu un « effet-destockage ». Mais il est vrai que l’on était sur la base de carnets d’ordres plus fournis que maintenant : en janvier et février, nous étions en avance avec beaucoup de dossiers sur la table. Aujourd’hui, c’est un peu moins le cas. Il devrait malgré tout y avoir davantage de souplesse qu’au premier semestre, avec le déploiement de la visio et de la signature électronique, qui fonctionnent bien. Un certain nombre de blocages observés lors du premier confinement, notamment sur les signatures, devraient donc être levés. Il n’en demeure pas moins que les acquéreurs ont besoin d’aller physiquement sur place pour voir le bien. Cette solution peut donc marcher pour une première visite, ou pour finaliser l’opération, mais ne suffira pas à elle seule à maintenir le marché.