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Loïc Hervé : « Une année 2021 de très bon augure pour nos SCPI »

Loïc Hervé, directeur général délégué de Perial AM, revient sur les performances des SCPI du groupe.

Loïc Hervé, directeur général délégué de Perial Asset Management

Comment vos différentes SCPI ont traversé la crise ?

Loïc Hervé : Face aux vicissitudes de cette pandémie, les véhicules d’investissement que nous gérons ont fait preuve d’une résilience remarquable. Y compris au paroxysme de la crise, au deuxième et troisième trimestre de l’année 2020, lorsque que les économies mondiales ont subi un choc sans équivalent dans l’histoire contemporaine. In fine, nos trois SCPI historiques (PF Grand Paris, PFO et PFO2) ont continué à délivrer un taux de distribution satisfaisant en 2020, supérieur à la moyenne du marché. Elles ont généré un rendement de respectivement 4,53 %, 4,24 % et 4,50 %. Et la valeur de la part de PF Grand Paris a encore progressé cette année, démontrant la pertinence de notre stratégie et la solidité de notre patrimoine. Quant à PF Hospitalité Europe, son lancement le 1er novembre 2020 a été couronné de succès avec une collecte au-delà de nos espérances : près de 100 millions d’euros sur douze mois. Sur la période récente, la collecte est très bien orientée pour nos quatre SCPI. Les souscriptions ont totalisé 300 millions au premier semestre. Et la deuxième partie de l’année devrait s’inscrire sur un rythme similaire voire supérieur.

Vos indicateurs de gestion sont-ils en amélioration en 2021 ?

L. H. : En ce qui concerne le taux d’encaissement des loyers et le taux d’occupation financier, nous sommes revenus aux niveaux d’avant la crise pour l’ensemble de nos SCPI. Par exemple PFO, notre SCPI diversifiée, enregistre une forte amélioration de ses performances après une année 2020 qui a ressemblé à un « crash test » grandeur nature, compte tenu des difficultés de certains de ses locataires dans l’hôtellerie et le commerce non essentiel, avec qui des aménagements de loyers ont été négociés. Mieux, des reprises de provisions ont même été enregistrées par ce fonds au deuxième trimestre, alors que les risques que nous avions identifiés ne se sont pas matérialisés. Tous ces éléments nous permettent de rester confiants pour les taux de distribution de nos véhicules.

Quelles portée revêt le label ISR obtenu pour la SCPI PFO2 et la SCI Perial PERIAL Euro Carbone ?

L. H. : Cette labellisation, obtenue en fin d’année dernière par ces fonds, constitue un jalon important dans leur développement, même si ce n’est pas une fin en soi. Elle récompense les efforts réalisés depuis 2009 par Perial Asset Management, notamment en matière d’amélioration de la performance énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre de nos bâtiments. Conséquence pratique de ce label ISR : nous renforçons notre organisation pour intégrer les critères ESG (Environnement, social, gouvernance) au cœur de nos process de gestion et de notre stratégie. Nos équipes dédiées à la démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) sont progressivement étoffées. J’ajoute que le label induit des obligations de suivi considérables. Au niveau de nos SCPI, ce sont plus de soixante indicateurs qui sont déployés, pour plus de 500 immeubles. Notre conviction est qu’il va devenir très difficile à l’avenir de commercialiser des produits immobiliers qui n’auront pas cette étiquette ISR. C’est pourquoi nous envisageons de labelliser prochainement nos autres fonds. L’audit est déjà programmé pour PF Grand Paris, en vue d’une obtention du label au début de 2022.

Quelles sont les lignes directrices de votre stratégie d’investissement ?

L. H. : Notre politique d’allocation d’actifs est restée à peu près identique à celle que nous déployions avant la Covid-19. Sélectivité et pragmatisme guident nos investissements. Par exemple, face aux difficultés dans le tourisme, nous avons décidé assez tôt de stopper les acquisitions d’actifs d’hôtellerie le temps d’y voir suffisamment clair pour pouvoir relancer aujourd’hui ce type d’acquisition avec une forte sélectivité. Nous réinvestissons également progressivement dans le commerce, en privilégiant par exemple l’alimentaire, avec des taux de rendement très attractifs, autour de 6%. Pour le reste, le virus n’a fait qu’accentuer des tendances qui étaient déjà l’œuvre précédemment dans l’immobilier d’entreprise. Dans les bureaux, la flexibilité et surtout la centralité (proximité des transports en commun) sont des critères différenciants que nous intégrons dans notre stratégie. Et ce, dans un contexte porteur.
Certes, le télétravail provoque des réflexions autour de la réduction des surfaces chez certaines entreprises. Mais les tensions actuelles sur le marché du travail semblent contrebalancer ce risque. Enfin, le résidentiel est un segment sur lequel nous nourrissons des ambitions. C’est une typologie d’actifs intéressante eu égard à sa faible sensibilité aux cycles économiques, grâce à la démographie favorable, à sa rentabilité en termes de total return (loyers et plus-values) ainsi qu’à l’essor de nouveaux usages, cristallisés par exemple dans le coliving.