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Bitcoin : comment fonctionne la cryptomonnaie

Avant tout investissement dans les cryptomonnaies, il faut bien comprendre comment elles fonctionnent, quels sont leurs particularités et leur usage. Ce marché reste particulièrement complexe à appréhender puisqu’il faut maîtriser à la fois les jargons informatique et financier. Voici cinq principaux points à retenir.

Crédit: iStock.

Tout a commencé en 2008, quand un certain Satoshi Nakamoto (pseudonyme derrière lequel se cache le (ou les) inventeur(s) du système) a dévoilé le fonctionnement du bitcoin dans un livre blanc avant de lancer concrètement la cryptomonnaie en 2009 via un logiciel libre. L’objectif : créer un système de paiement entièrement décentralisé, c’est-à-dire ne nécessitant pas l’intervention d’un tiers de confiance, telle une banque centrale, pour valider les transactions. Pour y parvenir, l’inventeur du bitcoin a mis au point un protocole informatique très sophistiqué pour créer et échanger sa monnaie en ligne.

Baptisée blockchain, sa technologie constitue une sorte de registre numérique partagé par tous ses utilisateurs, qui compile les transactions en les rendant ­infalsifiables. Chaque opération est authentifiée grâce aux « mineurs », des personnes qui doivent résoudre, grâce à la puissance de calcul de leurs ordinateurs, des équations cryptographiques. A la fin de 2020, ces derniers ont mis en circulation 18,53 millions de bitcoins, mais ce volume ne pourra pas dépasser 21 millions. Ce plafond, qui devrait être atteint en 2140, a été instauré dès le départ pour assurer la rareté du bitcoin et en faire un actif se rapprochant de l’or.

Un écosystème à décrypter

A l’instar des centimes pour l’euro, le bitcoin est divisé en plusieurs unités, la plus petite étant le satoshi (0,00000001 bitcoin). Vous n’avez donc pas besoin d’acheter au moins un bitcoin pour investir. Autre subtilité, votre investissement sera intégré dans un wallet (ou portefeuille numérique). Ce dernier fonctionne avec une clé publique (pour acheter ou vendre des bitcoins) et une clé privée (pour les conserver en sécurité).

Ces principes de bases ont été repris par toutes les autres cryptomonnaies (ether, dash, ripple…). Mais leur fonctionnement et leur usage s’éloignent souvent de la technologie utilisée initialement par le bitcoin. Autre subtilité à connaître : l’univers des cryptomonnaies compte pas moins de 36 000 plates-formes d’échange à travers le monde, d’après le site d’information CoinMarketCap. Certaines permettent des achats au comptant contre des devises traditionnelles (euro, dollar…) ou des devises numériques tandis que d’autres ne proposent que des dérivés.

Investir peut rapporter gros

En cinq ans, le cours du bitcoin s’est envolé de plus de 13 000 % (voir graphique), beaucoup plus que l’once d’or (+ 53 %) ou même que les valeurs technologiques américaines (+ 185 % pour le Nasdaq aux États-Unis). A court terme, sa frénésie haussière reste encore exceptionnelle avec un gain de près de 95 % du 1er janvier au 15 mars 2021. Mais il s’agit d’un placement hautement ­volatil. Le bitcoin a, par exemple, perdu 37 % de sa valeur le 12 mars 2020, au plus fort de la crise sanitaire.

Autre interrogation : la hausse va-t-elle se poursuivre ? Si certains acteurs mettent en garde contre le phénomène de « bulle » sur les cryptoactifs, la plupart se montrent très optimistes. La banque d’affaires JP Morgan a récemment estimé que le cours du bitcoin pourrait atteindre 146 000 dollars sur une longue ­période. Contrairement aux marchés actions, il n’y a pas de méthode de valorisation pour le bitcoin, son prix dépend surtout de la confiance en sa technologie.

Un actif financier qui se crédibilise

Les incertitudes sont encore nombreuses quant à l’avenir du bitcoin, mais plusieurs éléments tendent à le crédibiliser. De plus en plus de sociétés l’acceptent comme moyen de paiement (voir encadré ci-dessus). Surtout de nombreux investisseurs professionnels ­intègrent désormais des cryptoactifs dans leurs placements. Ils seraient 36 % à en détenir selon un sondage mené en juin dernier par la société de gestion Fidelity Investment auprès de 800 institutions aux États-Unis et en Europe.

Cette tendance devrait s’accélérer. La banque d’affaires américaine Goldman Sachs vient d’annoncer l’ouverture d’un service de trading sur les cryptoactifs, notamment pour sa clientèle de fonds spéculatifs (hedge funds). Le premier gestionnaire d’actifs mondial, BlackRock, vient d’intégrer les dérivés sur cryptoactifs dans sa politique d’investissement. En outre, les possibilités se multiplient. Si en France, acheter des cryptoactifs via un fonds reste impossible pour un particulier, ce n’est pas le cas à l’étranger où des ETF sur le bitcoin ont déjà vu le jour. De quoi vraiment démocratiser cette forme de placement à l’avenir.

Un placement peu éthique

Pour 29 % des Français, toujours d’après le sondage Ifop, investir dans le bitcoin reste étroitement lié au financement d’activités illégales. Et il est vrai que certains malfrats ne s’en privent pas. Un réseau de financement de djihadistes syriens par le biais de tickets en bitcoin disponibles dans les bureaux de tabac a été mis à jour en France en septembre dernier. Mais dans les faits, les cryptomonnaies restent en grande majorité traçables sur Internet et seulement 1,1 % des transactions dans le monde en 2020 seraient illicites d’après un rapport de l’entreprise de cybersécurité Chainalysis.

Autre sujet de controverse : l’empreinte carbone du bitcoin. Créer et échanger des cryptomonnaies nécessite de nombreux ordinateurs très puissants, qui ­dépensent énormément d’énergie. L’université de Cambridge estime que le bitcoin consomme en moyenne 127 térawatts-heure d’électricité sur une année, soit l’équivalent de 0,58 % de la consommation mondiale.